mardi, 02 juin 2009

Julien

Des grands yeux de chagrin en amande douce. Ca impressionne.

Il a des manières ici, des manières là, enroulé dans mon sarouel et ses écharpes. Il est boudeur, gueule d'Amour, attrape-coeur et patte de velours. Il est Prince de Byzance et ses mains sont d'Or. Un alexandrin, rien que ça. J'aime ses manières de Byzantin, oui, et ses façons orientales, ses soucis, ses scandales. Peut être parce que sa joie est subtile, qu'il est dubitatif sur le Pape, qu'avec lui je veux fêter mes agapes. Sans remords, lui, la colombe, moi le Veau d'Or.

Qu'est ce qu'il ne ferait pas pour un baiser! Il est une brute et un tyran. Fou d'ivresse? Pas forcément. Besoin de la Lune, des fruits, du vin et du miel. Sûrement.

Ma main sur tes reins... Imagine. C'est faire l'amour sans arrêts. Ca impressionne. 

Ce n'est pas toujours drôle. On pourrait pleurer à moins. Au fond, il y a un piano. Les notes, en calmes refrains, y expriment parfois des colères élisabéthaines. Et, alors, il n'y a plus rien d'autre que nous deux. Car ça reviendra, ça revient, c'est revenu;

Ma valse avec Julien.

mercredi, 07 janvier 2009

Pour Dieu et le Royaume!

Mon père est un truand armé de bons sentiments.

Il hésite entre le jovial et le bourru. Il est le Roi de France, le Général glorieux et conquérant, le colosse de Rhodes. Et ses pieds, évidement, sont d'argile. Une fourchette en guise de sceptre, ce chef de meute là règne sur une petite planète et navigue à vue. C'est comme ça. Il vieillit, tout en restant le petit con qui donne la couleur aux vieilles photos.

Que Dieu ait placé dans ses mains l'enfant que je resterais est un signe de son Amour. Dieu le père, et le père, dieu, aiment leur Création. Et quand j'avance seul, où Dieu me perd, mon père me porte. Et quand le sable devient trop chaud, ou quand la nuit, il fait trop froid; quand le moral, enfin, vacille, je me réfugie dans ses bras d'Hercule tranquille; de vieux Lion qui refuse de rendre sa couronne. Viens-y donc, pauvre fou.

L'Humour fait l'éternelle jeunesse; et la Sagesse nous éclaire. La vieillesse, elle, commence avec la Gravité. Alors je saurais lui conseiller d'être ni trop grave, ni pas assez sage; sans jamais oser lui révéler "qu'entre courir et voler, il n'y a qu'un pas, Papa".

dimanche, 30 mars 2008

Raphaël

Des boucles noires et chaudes qui s'étalent sur l'oreiller. Les soupirs du sommeil, et la lumière du matin qui le caresse. Inextricable des bras de Morphée. Sauf peut être pour aller nager dans le café. Liquide noir et suave. Son eau fraîche.

Les yeux bleu-cristal. Ou bleu-ciel. Bleu. Il est dur de voir derrière cette couleur d'amour que le petit coeur bat dans le chagrin et la solitude. L'Incertitude, le poison du doute, l'espoir fragile. Il n'aime pas l'indélicatesse des instants préparés. Encore moins les fleurs qui fanent.
Fin et solide, il fend la foule dans la rue, sans croiser le regard des gens. Un peu de vent dans les ruelles, un petit baiser sur les lèvres, et un peu de sucre, s'il vous plaît.

La force de ses reins est le plus magnifique spectacle que l'on ressente; une transcendance angélique, rouge et noire, sulfureuse, étincelante, rouge et noire. Rouge. C'est un Soleil dans ses baisers. Un Soleil dans mes nuits. Un Soleil chéri.
Et je prends bien la lumière.

Il fume, il fume, il fume. Si Beau, si Beau. Et la fumée bleue danse avec ses boucles. Raphaël tout en musique.

Mon Homme.

mercredi, 19 décembre 2007

La mère, qu'on voit danser...

Sélène a eu sa mère au téléphone, elle lui a dit: "J'ai vu un jeune garçon au magasin, c'était ton genre craché; j'ai voulu aller vers lui et lui dire combien tu me manques."

Ils se sont embrassés et ils ont raccroché. Ca donne les larmes aux yeux mais le lait réconforte.

 

Mère universelle, mère primordiale, la lumière dans le chaos, l'Isis aimante, la révolte des Ecossais, le parfum d'un soir où l'on apprend à danser, des mains qui vieillissent. Dans les cheveux de son enfant. Quel qu'il soit, quoiqu'il fasse; elle l'aime. Sélène n'est pas l'homme viril et fort, et plein de volonté qu'elle aurait voulu. Sélène aime les mâles, il est faible et indécis. Mais elle en est orgeuilleusement fière. Comme une reine d'Angleterre. C'est son fils. Le seul de toute la Terre. Celui qui porte en son coeur plus d'amour et de passion que Dieu. Plus de poésie et de beauté; et le son clair d'une lyre.

Qu'ils se ressemblent!

 

Elle ne l'écoute jamais quand il lui parle de ses sentiments. Elle lui répond des choses assez communes. Ce que d'aucuns diraient pour finir la conversation. Elle lui a dit qu'on était jamais heureux, mais qu'on composait; avec un peu de tout, avec un peu de rien. Jane dit: "On se souvient de Rien et puisqu'on oublie Tout, rien c'est bien mieux, Rien c'est bien mieux que Tout."

Maman est un joli mot. L'entendre fait du bien. Le penser réconforte. Sélène se sert un verre de lait, doux. Il pense à elle, qui lui offre l'espérance.

 

La Femme de sa Vie.

lundi, 14 mai 2007

Arlette Laguiller

Amusée et amusante, ses mots sont usés mais humains.

Elle pourrait bien avoir l'air anodin, mais je n'y ai pas pensé. Il y a quelque chose chez elle qui sent l'automne et l'écharpe. Rouge, orange, ou terre.
Elle n'est plus tout jeune, Arlette, il faut bien le reconnaître. Mais elle ne se cache pas sous ses paupières. Sa peau s'est ridée, ses lèvres sont minces et sèches. Et pourtant ses yeux ont encor force et douceur. Elle respire la gentillesse et le calme. Et par dessus tout la sincérité.

Et pourtant, elle est grave parfois. Ses lèvres se serrent d'effroi, de tristesse et de colère. D'indignation aussi. Son regard, porte au loin, lourd de repproches. Comme la colère de Dieu, mais en pire. Alors elle descend. Parce qu'il y a de l'abus. Elle descend dans la rue. Parmi nous, et au fond, c'est peut être cela aussi qui est merveilleux.

Arlette, c'est le nom de mon coeur quand il s'enflamme pour les beaux idéaux.

Arlette, debout, le poing levé, et à gauche toute. Toute une vie consacrée aux autres. Toute une vie. Parce que l'Egalité veut d'autres lois, qu'il ne faut pas reculer, que ce serait mieux si c'était plus beau et plus gentil, et parce que cela me plait d'y croire.

C'est une brise qui souffle toujours, c'est une force vive, et un mot doux. C'est une montagne qui se déplace, et un reflet dans l'eau. Des pétales qui s'envolent au vent, et un ciel rouge au soir. Un Grand Soir.
Son courage à espérer un monde meilleur force mon admiration; elle a toute mon affection.

samedi, 07 avril 2007

Renaud

Incontestablement, le plus beau de tous.

Et le plus méchant. Il adore sa méchanceté, il la considère comme une de ses plus grandes qualités. Ce n'est pas une tornade, une tempête ou un orage. C'est un Automne gris et dur, une lame, un ongle qui s'enfonce dans la peau. Et par dessus, un sourire fier et mortel.

Et pourtant, il est doux comme les cerises, et quand il rit, il découvre une patinoire. Ses yeux sont de grands lacs noirs dont on ne sait rien. Mais qu'on craint et qu'on adore. Ses traits sont irréguliers, et ses joues trop creuses. Sa bouche, trop petite, est celle d'une précieuse.

Ses vêtements sont comme des pétales. Noirs. Ils bougent avec lui, avec ses gestes rapides et durs. Mais il reste souple comme une anguille pour se glisser dans des lieux mal famés. Et en ressortir des idées plein la tête. Peindre et c'est tout. Il lui faut bien alors trois tubes de gouaches blanche pour se calmer.
En noir, c'est un corbeau. Sauf que sa voix n'est pas un croassement, même s'il aimerait bien. Il ne vole que sur scène, et se ballade dans les cimetières comme une Marquise dans son jardin.

Ce fut une Liaison Dangereuse. Les années sont passées, et aujourd'hui il est loin. Et c'est délicieux ainsi.

Quand il fume, on ne peut rien faire de mieux que lui. Il est, à ce moment, le plus beau du monde. Rien ne peut détacher de se spectacle. On voudrait ne plus être là, n'y avoir jamais assisté. Et ensuite, on se jette en pleurant sur ses propres cigarettes.

Ses baisers sont un poison merveilleux.
Son étreinte est superbe de puissance.
Et sa morsure...
Sa morsure vaut tous les corps à corps.

Oh my Goth!

lundi, 19 mars 2007

Romain P.

Sans simples choses, il est grand et droit.

Mais vraiment grand. Et très droit. Même s'il se penche souvent pour regarder si ses pieds ne vont pas partir sans lui. Ou alors si le sol s'éloigne encore. Bref, Il est maigre comme un clou. A en devenir marteau.
Obtus comme un patriarche, la croix en plus. Grand et rigide comme un Beffroi, le rouge en moins. Des fois, il a cet air sévère de vieux monument qui le rend polaire au possible. Et puis il se promène avec ses gants de psychopathe, pour nous pincer les fesses. L'andouille.
Comme c'est mon grand frère, il ne me fait jamais de câlin; il a un coeur de marbre fendu de là à là. Mais je sais qu'il ne faut pas le secouer, il est plein de larmes. Il a le rire facile; et puis c'est un gros dégueulasse. Romain peut parler de cul et de politique sur le même ton. Mais plus facilement de cul quand même. C'est un cahier du cinéma tellement subjectif que j'ai envie de mettre de la crème entre ces milles feuilles.

J'ai peur qu'il s'étouffe un jour, mais pour l'instant il sent plus le citron que le sapin.

Il est tellement à cheval sur ses principes, qu'on dirait d'ici quelque général sur son destrier. Statue de bronze toute fière sur une rue au nom pompeux. Une vieille croûte qui se la ramène, réglé comme une pendule d'argent.
Et cette grande gueule est un amour.

dimanche, 18 mars 2007

Adrien

Noir. Et Blanc.
Et Beau; avec ses yeux comme de la peinture qui craint l'eau.

Un visage givré, et un monde tout gris. Tourmenté et grave rarement, mais parfois. Mais quand il rie, c'est une cascade de lumière. Et puis il est un peu frappé quand même. Et colérique aussi. Du genre à s'énnerver pour des broutilles, à s'attacher à des petits riens et à laisser passer des trucs gros comme une maison sans même les avoir vu. Fier, il lève le menton haut, bien qu'il sache parfaitement où il met les pieds. Quoi qu'il en dise cet arlequin.

J'adore ses lèvres.
Et ses baisers sont un trésor, un printemps qui naît, un paradis sucré et suave. Inattendus, soudains, superbes.


Il fait partie du Gang.
Sous le Sable, ou sur le Fil.
Il porte ses points faibles en bandoulière. Et ses manières au bout des doigts. Ses mains sont sans cesse en mouvement, à jouer avec quelque chose, à pianoter, à tripoter, à caresser. Dandiné et excentrique; il brille comme une étoile. Peut-être que s'il se réfugie sous la Lune c'est qu'il pleure en secret. Mais je n'en sais vraiment rien.

Il est beau...
Adrien qui ne pleure pas. A cause de ses yeux comme de la peinture qui craint l'eau.

samedi, 03 mars 2007

Sélène

Sélène est beau et pâle.

Il a le goût de l'eau et il est calme comme un ciel bleu. Il sent l'aloes.

Ou le Lotus.

Il a la peau comme la couleur du chlore et ses cheveux sont blancs ou purs. Il aurait aimé avoir les yeux gris, cela aurait ajouté au Froid et à l'Hivernal du personnage. Ils sont bleus, c'est déjà ça.

Il dort sur un grand lit plat, sans pieds ni poutres. C'est épuré et lisse, mais cela manque de couleurs. Comme lui, comme sa personne et son monde, mais sans que ça ne froisse un drap. Ses mains sont fines et serrent l'oreiller et son poignet.

Sélène s'éveille alors, beau comme Adam; il s'étire en grognant. Il tend le bras pour attraper les Lettres de la Marquise.

Par la fenêtre, l'aube est fraîche et brumeuse. L'Automne se répend dans l'air et Sélène s'affale sur un sofa. En bas, une dame vend des fleurs contre des mots doux. Bientôt l'odeur du chocolat parfume la scène et c'en est exquis.

vendredi, 23 février 2007

Charles

Charles est un Soleil craché sur du sable.

Il s'habille d'un tourbillon de tissus qui font sur lui comme une harmonie de couleurs. Il est cambré et se dandine, parfumé de virilité et d'extase.

Ce matin là, il mangea en vitesse quelques abricots secs et avala d'un trait son orange. Puis il descendit merveilleusement bien l'escalier et s'en fut dans le matin froid.

Dans la rue, les femmes qui le croisent promènent leurs yeux sur sa bouche et ses reins, mordant leur lèvre d'un sursaut de libido. Dans la rue, les hommes qui le regardent sont jaloux et s'excitent.

La Brume lui fait comme des nuages sous les pieds et le froid l'embrasse sur sa barbe naissante. Au coin d'un boulevard sans nom, une dame fume en attendant l'autobus et la vendeuse de beignets à la crème lèche ses doigts sucrés. La Ville est grise comme nos âmes, sans limonades ni alcools. Mais Charles y est comme un Perse brûlant.

Après quelques carrefours transparents, il s'envole dans un escalier, et saute sur une chaise, bruyant dans son retard. Quelque part, sa non-chalance emmerde quelques camarades et des filles se caressent les poignets en s'imaginant son étreinte virile, superbe.

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