vendredi, 31 mars 2006

La Bête Curieuse

de Brigitte Fontaine.

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"L'amour physique est sans issue
Tu le sais, oui, toi non plus
A dire vrai il y en a pas des masses
Des belles histoires de cul
"

Gainsbourg

 

 

Encore un ouvrage de Brigitte Fontaine. J'en ai lu trois à la suite; parce que j'aime. J'aime sa plume, sa vieille main, sa voix cassée que l'on entend raconter dans un couloir d'hôtel, son velour rouge, ses fleurs. Bleu.

Hanna est touchante. Les autres, on s'en fout.
Hanna est belle, "rouge comme Adam", hors du temps, elle vieillit tout de même à travers la fumée de cigarettes et les bulles de champagne. Le sexe est beau et fort; c'est un Foyer de cheminée, une flamme au creux des reins.
Encore une fois la plume de Brigitte Fontaine emporte. Dans un lit, dans une chambre, dans une voiture sur les routes grises et musicales de l'écosse, dans les bras d'Iwan, dans les baisers de Giovanni.

Le degré de lecture est vacillant, penchant parfois du côté du récit désarticulé et splendide, parfois de celui des idées présentes, concrètes, pour toujours, à retenir, à écrire sur un papier pour la garder dans un coin de poche et la lire avec son café. En fumant. Clope.

C'est presque une autobiographie; elle est Hanna sans l'être. Disons plutôt qu'elle la connait, elle la comprend. Comme dans les autres ouvrages, on a l'impression d'aborder l'histoire du personnage de Brigitte Fontaine avec l'intéréssée. Pages d'Aloes, les phrases se dévorent comme des rails.

Une éloge du coeur, une éloge du cul, un amour d'elle même, des actes, de sa peau, ses seins, son ventre et ses mains.

Ah, que la Vie est Belle...

mercredi, 22 mars 2006

Galerie d'art à Kékéland

de Brigitte Fontaine

Une enfilade de portraits d'amis qui nous font découvrir une personne douce, tendre, et aimant l'intimité de ces liens de toujours, aux reflets de pierres précieuses.
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Il ne faut pas s'y méprendre; il ne s'agit pas d'un receuil d'images, de peintures telles que l'on peut en trouver sur l'île Saint Louis, Capitale de Kékéland. C'est un enchaînement de portraits écrits, de mot de Brigitte, avec sa plume, sa salive, son parfum, son timbre de voix et ses doigts d'araignée qui tisse son monde.
On y voit apparaitre Françoise Hardy, Christophe, Alain Bashung, M, Jacques Higelin, Etienne Daho, Georges Moustaki, Bertrand Cantat de Noir Désir, Arthur H ou le compagnon de Brigitte: Areski Belkacem.

Sa plume apparait encore plus étrange dans cette suite de textes: C'est du téléscopage. Un mot en téléscope un autre, puis encore un, et un autre, et une dizainne, pourquoi pas vingt. De telle sorte qu'au final, c'es microscope sur une idée, et téléscope sur l'Univers.

Le lecteur, ravi par les milles vie de chaque kéké, ne sait quel degré de lecture il doit prendre. Ce n'est pas ce genre de portraits où l'on dit clairement ce que l'on pense de quelqu'un. Brigitte Fontaine ne prendra pas la peine de dresser le portrait de gens qu'elle n'aime pas. Ici, c'est de l'angélisme, du bonheur d'amitié et d'intimités, Sa vision, à elle, seulement, exclusivement. Comme si l’on feuilletait l’album en compagnie de l’intéressée.


"Toutes ces personnes font oublier qu'il existe en masse des abrutis, des beaufs, des néonazis et des imbéciles. A Kékéland, tout le monde est un amour" B.F.

Ce qui n'est sûrement pas du pipeau...

jeudi, 16 mars 2006

La Limonade Bleue

De Brigitte Fontaine

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La Limonade Bleue, c'est l'histoire d'un couple.
A vrai dire, j'ai encore du mal à en revenir.

La plume de Brigitte Fontaine est précisément la même que dans ses textes, ses chansons. Elle enchaine les mots, avec un goût de Madeleine Proustienne, sans rentrer dans le détail romantique, surchargé, trop sucrée.

Tout est suggestif. C'est surement cela que l'on appelle être entre les lignes; il y a une histoire, dont on se fout presque. L'interêt se trouve dans le ressenti de chaque personnage. Et tout, dans ce livre, est du ressenti, des images suggérées, des sensations presque palpable, des frissons presques musicaux. Brigitte Fontaine transpire à travers toutes les pages comme une voix off cassée, chaleureuse, froide, tendre et dure comme la fumée de cigarette.

Elle ne s'attarde pas dans les détails du récit. Ni dans le récit lui même; Stella en compagnie de Toni ou non, à vrai dire, on s'en ficherait presque, mais c'est tellement bien écrit. Cette banalité quotidienne, internationale, est sublimée presque et brille comme une dorure sous la vision chromatique de Brigitte Fontaine. Par contre, elle s'attardera sur les couleurs. Si l'auteur veut faire ressentir au lecteur une sensation précise, une couleur précise, elle enfile les mots jusqu'à atteinde le fond de son idée, sans en démordre, jamais.
L'importance primordiale du parfum des capotes, de la couleur des cheveux de Stella, des yeux de Toni, du sourire de Serge, de la similitude entre les diamants et les goutes d'eau qui restent au printemps sur les feuilles des arbres... Tout cela, colore les chapitres comme la couverture, et parent le récit d'un goût nouveau, ennivrant, presque.

Dès la première page, le lecteur est emporté dans le récit, sans même pouvoir ni vouloir s'en dégager. C'est rapide, ça noie, c'est délicieux et délectable.
La fin est brutale et le lecteur, assomé, pleure.