dimanche, 27 juillet 2008
Dans les dents.
«Nous fabriquons nous-mêmes nos mystères. La vie est beaucoup moins compliquée que l'on ne croît, et elle dénoue elle-même ce qui nous paraît enchevêtré.»
Michel Leblanc
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vendredi, 25 juillet 2008
Petite chronique (ridicule mais réfléchie) de la vie de Concierge; JOUR III
Je tire, finalement, une certaine satisfaction à me considérer le gardien de ces foyers cotonneux et douillets. Je règne en maître sur la cour où je viens de repousser avec panache une ligue de poussières, feuilles sèches, et plumes de pigeons. Seul, armé d'un balai-brosse, j'ai sué sang et haut dans cette lutte acharnée contre les résidus de saleté qui se sont incrustés (ah, les bandits!) dans le labyrinthe de rainures. Mieux encore, la réception et le tri du courrier font de moi l'improbable d'Hermès d'un Olympe Haussemanien.
Il faut dire que des concierges célèbres, il y en a eu. Pour ne pas offenser son employeur, citons en premier lieu Saint Pierre lui même; L'Homme aux Clefs de Dieu, le Passe-Partout du Paradis. Et il en est fier, lui aussi. Ne se présente-t-il pas à nous, à travers les âges et sur les fresques, munis de son trousseau personnel, qu'il tient fermement, comme un gosse à qui on aurait proposé de recoudre l'oeil déchiré de sa peluche? Plus vieux encore, je pense à Hadès, barbu morose, frère de Zeus, psychodepressif, et concierge du monde des défunts. Nous avons peu de représentations d'Hadès, à qui on assimilera plus tard, le tout aussi truculant Pluton. Notons que ce nom fut donné à un caillou, là bas, tout au bout du système solaire. C'est dire l'estime que la société porte à ce métier. Quand même.
Demain, à l'instar de Jeanne d'Arc repoussant les Anglais, je refoulerai la poussière des marches vers les sombres abysses de la poubelle.
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jeudi, 24 juillet 2008
Petite chronique (ridicule mais réfléchie) de la vie de Concierge; JOUR II
J'écrase ma cigarette dans le cendrier, à l'abri de tous les regards que laisse filtrer la fenêtre de la porte. Nous, tabacophiles, déjà en passe de nous retrouver logés à la même enseigne que les drogués, alcooliques, et autres dépendants notoires et si nocifs à l'ordre public, je ne voudrais pas en plus provoquer l'attirement sur mon humble petite personne des foudres de ces aimables habitants. Déjà, dans les semaines passées, m'a-t-on fait la remarque dans ces murs que je n'étais pas en droit d'abord de fumer, ensuite de stationner sur cette marche, enfin d'être un jeune qui attend. Je n'ai alors pas osé relever que toute personne normalement éduquée peut se présenter agréablement avec un bonjour, constater de toute sa capacité intellectuelle que je n'avais aucune cigarette dans la main, et qu'enfin j'attendais la concierge elle même. Non. J'ai fermé ma grande gueule, offrant (je m'en mords encore les moignons) à ce monsieur Vieux-guindé-au-possible, tout le loisir d'exprimer sur moi sa domination de bourgeois senior et autoritaire.
Je me repproche avec force de ne pas avoir saisi la main tendue de cet homme. Le revoir ainsi dans sa détresse me fend le coeur de là à ici (voir Figure 1). Lui, corrompu jusqu'à l'os par le vieillissement de l'esprit, incapable désormais de raisonner et d'éprouver de l'amabilité pour une génération plus jeune. On m'a tout de même dit qu'ensuite, lorsque je suis rentré retrouver mon chat, il est venu s'excuser en ayant appris que j'étais le remplaçant de la concierge pour cet été, et qu'il m'avait pris pour un des ces jeunes qui trainent dehors, devant l'immeuble. Ces jeunes là qui fument, qui boivent, qui se droguent, qui nuisent à l'ordre public et qui en plus ne sont même pas chrétiens (les salauds). Donc j'ai raison.
Moi, l'hypocrisie, ça me tue. Tiens, en parlant de ça, je vais m'en griller une.
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mercredi, 23 juillet 2008
Petite chronique (ridicule mais réfléchie) de la vie de Concierge; JOUR I
Ce qui frappe d'emblée dans mes nouvelles heures de concierge, ce n'est pas tant l'attente de l'heure du déjeuner, ni l'empathie pour la rentrée des poubelles dans la cour, que la façon dont on me perçoit déjà. Ici, peu de personnes me connaissent tant physiquement que mentalement. Je suis un citoyen lambda, venu remplacer la concierge de leur immeuble. A eux. Le leur. L'indétrônable immeuble, centre, très certainement, du dynamisme géopolitique mondial et donc soumis à des règles strictes de protocole auxquelles, hélas, je n'ai pu échapper.
Ici, point d'études universitaires, point de savoir, point d'engouement pour la culture en ce qui me concerne. Je suis concierge et je dois, semble-t-il, me comporter comme tel. Bien que je me sois doté, dès la naissance, d'une estime de moi très profonde, il me suffit de croiser le regard des habitants de l'immeuble pour comprendre qu'ils évaluent mon quotient intelectuel à celui d'un galinacé quelconque. Je suis ici pour remplir un rôle d'entretient des locaux, rôle dont Dieu semble les en préserver. Constatons aussi que le Seigneur préserve, dans son cynisme, ces Fidèles de chez Fidèles de s'affranchir de tout jugement.
Rassurez vous, je trouve mon réconfort dans un café bien noir, aux arômes suaves, et dans la lecture assidues des oeuvres de l'Empereur Julien, auguste et éphémère concierge de l'Empire Romain, en 360 de notre ère; ou dans ces eaux là.
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lundi, 14 avril 2008
Le Temps du Chocolat
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mercredi, 09 avril 2008
L'arbre de Printemps
Le Vent soufflait froid et sec sur cette partie de la plaine, cette orée de forêt.
Sélène s'appuya contre le tronc, fermant les yeux à la brise. Il passa une main sur son visage, délogeant les quelques flocons qui s'y étaient déposés. Il était dans ce moment fragile où l'on ne sait si l'on doit reprendre son chemin et passer les histoires, ou attendre. Attendre que l'histoire, son histoire, vienne à lui et qu'elle le prenne, comme avant, comme après. Cet instant où l'on se demande s'il faudrait replacer ses pas sur le sentier, ou se laisser glisser contre le tronc, pour s'asseoir, et attendre. Regarder l'horizon. Imaginer le Soleil rougeoyer dans le matin, avec nul autre que soi-même pour témoin. Et puis voir darder les premiers rayons. Se redresser un peu, oreilles bourdonnantes d'un coeur qui joue une musique tonitruante. Et dans un élan de majesté, admirer la coupole dorée apparaître sur la ligne de terre, cheval galopant vers les cieux éclairé, guerrier rayonnant vers la voûte bleutée.
Puis se rasseoir, regarder la course passer. Et sourire aux heures qui descendent dans le corps endormi, l'esprit assoupi.
Le Vent avait cessé de souffler sur cette partie de la plaine, cette orée de forêt.
L'arbre aspirait doucement l'esprit du pâle jeune homme qui s'était appuyé contre lui. Il le lovait dans une chaleur parfumée, dans ses souvenirs sans fruits et sans Soleil, qui s'étiraient au loin, comme un nuage voguant sur l'azur. Puis resurgissant soudain, ils dansaient sous un rayon d'Hiver, pleurant sous un rayon de Lune; agités comme la mer, troubles comme la brume. Un arbre d'une seule saison, un arbre qui ne veut pas mourir; un arbre qui n'en finit pas de compter les souvenirs. A travers les valses rengainantes des visions du monde, Sélène comprit une vie, une seule, et ce fut bien assez. Il comprit et fut troublé. Usé, fatigué. Comme un acteur qui sort de scène. Effrayé par les vivants. Meurtri et admiratif. il se sentait parfum, s'évaporant peu à peu dans l'inconsistance. Abstrait.
Il voulu se lâcher la main.
On le rattrapa.
Tout lui revint soudainement.
Il s'était laissé prendre par un esprit du passé. un esprit des larmes et du regret. Un chemin. Un de ces chemins qui nous mène à nous. Il était lui. Et si seulement il était lui. Si seulement il avait pu être lui dès le début, et finir lui. Sans rien d'autre, dans tout la pureté de l'existence, vide de ces parasites affreux qui empoisonnent et consomment quand il cherche à tracer, dans les flots perdus, le sillon turgescent de sa spiritualité.
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lundi, 31 mars 2008
Un Bourgeon sur l'Orchidée
Sélène se réveille plus embrumé que les rues. L'arôme du café, fort et suave, ne dissipe pas les vapeurs du sommeil, et des rêves sans queue ni tête.
Comme lui, le Soleil fainéante dans le velours gris des nuages. Et le chat baille, histoire que tout le monde s'y mette.
La ville remue pourtant. Le monde tourne et continue de tourner, imperturbable et ignorant des tourments mélancoliques qui assaillent les coeurs.
Une cigarette avant la douche. La première. Celle qui dessine des papillons avec les cendres. Celle qui fait des arabesques dans la fumée. Celle qui écoute tout ce qui nous passe par la tête dans une respectueuse attitude spectatrice.
Et puis c'est l'eau chaude, bienfaisante. Les lambeaux du sommeil et des rêves ridicules se décollent avec légèreté pour s'insinuer dans un néant sans intérêt. L'eau chaude. Et le parfum du Lotus.
Pourtant, la mélancolie s'accroche, s'enroule comme un cocon délicat et confortable dans lequel il est si facile de s'étaler, quand la douleur et les larmes crèvent le Printemps.
La serviette autour de la taille, Sélène goûte des morceaux, choisis, de musique pour la circonstance. Et alors qu'il s'emporte dans les notes et les mots, dans une poésie mélancolique, dans un cri du coeur empli de hargne, dans un désespoir sans nom; à ce moment là, ses yeux se posent, il cesse de bouger.
L'Espoir revient, le Soleil et le parfum avec: il y a un nouveau Bourgeon sur l'Orchidée.
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Je ne veux pas grandir, et la nuit j'ai 56 ans
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dimanche, 30 mars 2008
Raphaël
Des boucles noires et chaudes qui s'étalent sur l'oreiller. Les soupirs du sommeil, et la lumière du matin qui le caresse. Inextricable des bras de Morphée. Sauf peut être pour aller nager dans le café. Liquide noir et suave. Son eau fraîche.
Les yeux bleu-cristal. Ou bleu-ciel. Bleu. Il est dur de voir derrière cette couleur d'amour que le petit coeur bat dans le chagrin et la solitude. L'Incertitude, le poison du doute, l'espoir fragile. Il n'aime pas l'indélicatesse des instants préparés. Encore moins les fleurs qui fanent.
Fin et solide, il fend la foule dans la rue, sans croiser le regard des gens. Un peu de vent dans les ruelles, un petit baiser sur les lèvres, et un peu de sucre, s'il vous plaît.
La force de ses reins est le plus magnifique spectacle que l'on ressente; une transcendance angélique, rouge et noire, sulfureuse, étincelante, rouge et noire. Rouge. C'est un Soleil dans ses baisers. Un Soleil dans mes nuits. Un Soleil chéri.
Et je prends bien la lumière.
Il fume, il fume, il fume. Si Beau, si Beau. Et la fumée bleue danse avec ses boucles. Raphaël tout en musique.
Mon Homme.
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jeudi, 24 janvier 2008
Message Personnel
On doit peut être tout au hasard tu sais...

00:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 19 décembre 2007
La mère, qu'on voit danser...
Sélène a eu sa mère au téléphone, elle lui a dit: "J'ai vu un jeune garçon au magasin, c'était ton genre craché; j'ai voulu aller vers lui et lui dire combien tu me manques."
Ils se sont embrassés et ils ont raccroché. Ca donne les larmes aux yeux mais le lait réconforte.
Mère universelle, mère primordiale, la lumière dans le chaos, l'Isis aimante, la révolte des Ecossais, le parfum d'un soir où l'on apprend à danser, des mains qui vieillissent. Dans les cheveux de son enfant. Quel qu'il soit, quoiqu'il fasse; elle l'aime. Sélène n'est pas l'homme viril et fort, et plein de volonté qu'elle aurait voulu. Sélène aime les mâles, il est faible et indécis. Mais elle en est orgeuilleusement fière. Comme une reine d'Angleterre. C'est son fils. Le seul de toute la Terre. Celui qui porte en son coeur plus d'amour et de passion que Dieu. Plus de poésie et de beauté; et le son clair d'une lyre.
Qu'ils se ressemblent!
Elle ne l'écoute jamais quand il lui parle de ses sentiments. Elle lui répond des choses assez communes. Ce que d'aucuns diraient pour finir la conversation. Elle lui a dit qu'on était jamais heureux, mais qu'on composait; avec un peu de tout, avec un peu de rien. Jane dit: "On se souvient de Rien et puisqu'on oublie Tout, rien c'est bien mieux, Rien c'est bien mieux que Tout."
Maman est un joli mot. L'entendre fait du bien. Le penser réconforte. Sélène se sert un verre de lait, doux. Il pense à elle, qui lui offre l'espérance.
La Femme de sa Vie.
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mardi, 18 décembre 2007
Les Grands Mots
De mes amis, il en est un qui est écureuil opulent; un autre serait un chien aux instincts de bête. D'autres encore sont coq modeste ou hibou pittoresque.
Moi, je suis éléphant.
Nous partageons peines, passions et rires. Et de chacun je trouve mille choses à dire.
Mais à mes amis, je préfère mon amour qui est comme l'eau claire, sans plus de discours.
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mercredi, 12 décembre 2007
Quand les derniers refuges ont disparu.
A un moment du chemin, alors que les arbres hésitent à faire tomber leurs dernières feuilles qui vivotent, ou à galvaniser les couleurs de nouvelles fleurs, Sélène s'arrête. Il n'est plus sûr de rien. Dans l'air, il ne flotte aucun parfum. Ni lotus, ni jasmin. Son long manteau d'Hiver ne joue pas avec le vent. Sa peau n'a pas de reflets bleutés. Ses yeux polaires ne parviennent pas à pleurer. Il n'y a rien qui monte, rien qui ne ressort. Ni émotion, ni sentiment, ni excitation. Il n'a pas d'érection le soir. Il n'a pas d'espoir le matin.
Son esprit est lourd, comme la couronne.
Il y a trop de bruit. Rien de vraiment vivant. Un chahut si peu harmonieux. Que ne donnerait-on pas pour entendre un coeur chaud qui bat? Pour se sentir rassuré, enlacé et embrassé. Il n'y aura pas d'Amour, il n'y aura pas de passion et il n'y aura pas d'espoir. Parce que l'envie est absente. Quand les derniers refuges ont disparu.
L'esprit est lourd, comme le cadavre d'autrui.
" L'enfer, s'il vous plait ?
- Là-bas, avec les Autres."
19:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 novembre 2007
Les Invasion Barbares
Pendant le repas...
Pierre : " Contrairement à ce que les gens croient, l'intelligence n'est pas une qualité individuelle. C'est un phénomène collectif national intermittent.
Louise : - Tiens, une nouvelle théorie...
Pierre : - Absolument. Athènes, -413, la première Electre d'Euripide. Dans les gradins: ses deux rivaux Sophocle et Aristophane; et ses deux amis: Socrate et Platon. L'intelligence était là.
Alessandro : - J'ai mieux. Firenze, 1504, Palazio Veccio, deux murs opposés, deux peintres. A ma droite, Léonardo da Vinci, à gauche, Michel Angelo; un apprenti, Rafaëlo; un manager, Nicolo Machiaveli. Forza Italia!
Pierre : - Philadelphie, USA, 1776-1787, Déclaration d'Indépendance et Constitution des Etats-Unis.
Rémi : - When, in the cours of humans events, ...
Pierre : - Adams, Franklin, Jefferson, Whashington, Hamilton, Madisson.
Rémi : - Moi je suis né à Chicoutimi, Canada, en 1950.
Diane : - C'est un miracle que tu ne sois pas plus con que tu ne l'es déjà.
Pierre : - En 1950, tout le monde était con à Athènes comme à Chicoutimi.
Alessandro : - Si tu étais né chez nous, tu aurais soutenu les chemises rouges, ç'aurait été brio.
Claude : - Et maintenant, il aurait Berlusconi.
Dominique : - Et à Philadelphie, il aurait voté pour Georges Bush.
Diane : - Ben tu vois, t'es pas si con que ça.
Pierre : - L'intelligence a disparu. Et je ne voudrais pas être pessimiste, mais il y a des fois où elle s'absente longtemps.
Alessandro : - De la mort de tacite à la naissance de Dante, il y a quoi, onze siècles?
Claude : - Oui, mais elle était partie chez les arabes..."
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lundi, 16 juillet 2007
Auto-mutilation
Ca allait. Ca allait mieux, surement. Enfin, on est toujours berné quand on croit maîtriser un sentiment.
Isolé de Lui, avec Phèdre pour compagnie et la Nuit pour encre, je me sentais bien. La joie ne m'atteignait pas avec le Soleil, faut pas pousser. J'étais mélancolique, amer, triste, rongé doucement et tendrement par des regrets. C'était une situation imparfaite, mais agréable et délicate. Je ne crois pas au Bonheur; ou alors je lui donne une vie si éphemère qu'il est beau de rareté. Ce sentiment latent de chagrin qui trainait toujours dans ma tête, quelque soit l'heure et le temps, ne m'empechait pas de chanter, rire, ou fumer langoureusement. Je vie avec. C'est une Foi personnelle dans le Spleen, presque. Et le climat propice d'une pluie d'encre sur mes sèches feuilles d'Eté.
J'ai tout rompu.
En quelques secondes. Trois, peut être quatre. Ou même deux. Ou alors ce fut si soudain que le Temps lui même s'est laissé sureprendre.
Je me suis soudain sorti d'un certain isolement volontaire vis à vis des divers moyens de communications. J'ai ouvert une tout petite, petite boîte de Pandore; pour hommes.
Quelle bêtise encore. Avais-je vraiment besoin de faire cela? Quel vice de curiosité m'a poussé à jeter un oeil? Je savais ce que j'encourais. C'est du suicide à petite échelle; ces actes où l'on brûle son âme comme on tire sur une cigarette. Du masochisme éclatant, de la douleur pure et simple, de l'inspiration pour l'encre, du mal consenti, de la complicité de larmes. Il était là, si proche et si lointain. Comme un Soleil. J'ai eu mal au ventre; J'ai mal au ventre. J'en enfoncerais ma tête dans le mur de crever d'aimer, putain. Moi, calme comme un ciel d'Hiver. Me voilà qui couvre la ville de bleu, parce que je brûle encore. Trop. Mal.
Je me suis écroulé, fissuré, écaillé, abattu, descendu, tourmenté, déchiré, révulsé, brûlé, démoli, noyé.
Ma faute. J'aurais mieux fait de rester avec Phèdre et mon crayon.
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mercredi, 11 juillet 2007
Quand bien même, je m'en sors
Peut-être un homme nu comme un vers
Viendra crever ma Bulle, un jour
Pour me donner une bouffée d'air
Et de l'amour, et de l'amour.
J'aurais enfin mes Fleurs du Mâle
Pour faire des bulles dans mon bocal
Et faire l'amour, et faire l'amour;
Et faire l'Amour...
Heartache is not over
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mercredi, 06 juin 2007
Eveillé
Qu'il est beau quand il dort...
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lundi, 14 mai 2007
Arlette Laguiller
Amusée et amusante, ses mots sont usés mais humains.
Elle pourrait bien avoir l'air anodin, mais je n'y ai pas pensé. Il y a quelque chose chez elle qui sent l'automne et l'écharpe. Rouge, orange, ou terre.
Elle n'est plus tout jeune, Arlette, il faut bien le reconnaître. Mais elle ne se cache pas sous ses paupières. Sa peau s'est ridée, ses lèvres sont minces et sèches. Et pourtant ses yeux ont encor force et douceur. Elle respire la gentillesse et le calme. Et par dessus tout la sincérité.
Et pourtant, elle est grave parfois. Ses lèvres se serrent d'effroi, de tristesse et de colère. D'indignation aussi. Son regard, porte au loin, lourd de repproches. Comme la colère de Dieu, mais en pire. Alors elle descend. Parce qu'il y a de l'abus. Elle descend dans la rue. Parmi nous, et au fond, c'est peut être cela aussi qui est merveilleux.
Arlette, c'est le nom de mon coeur quand il s'enflamme pour les beaux idéaux.
Arlette, debout, le poing levé, et à gauche toute. Toute une vie consacrée aux autres. Toute une vie. Parce que l'Egalité veut d'autres lois, qu'il ne faut pas reculer, que ce serait mieux si c'était plus beau et plus gentil, et parce que cela me plait d'y croire.
C'est une brise qui souffle toujours, c'est une force vive, et un mot doux. C'est une montagne qui se déplace, et un reflet dans l'eau. Des pétales qui s'envolent au vent, et un ciel rouge au soir. Un Grand Soir.
Son courage à espérer un monde meilleur force mon admiration; elle a toute mon affection.
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samedi, 05 mai 2007
Je cherche après Moi...
... et pas moyen de me trouver.
Pas le temps de courir après Toi.
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mardi, 01 mai 2007
Ca fait mal et ça fait rien

Quand Renaud a demandé à Sélène où il comptait passer la nuit, il ne lui répondit rien. Bizarrement, et contre toute attente, la première pensée qui lui vint fut la nécessité de découvrir un nouveau monde, de nouvelles personnes; la seconde fut de boire quelque chose de chaud et de sucré. Mais finalement, il pleura.
La réalité se comportait comme un paradoxe qui infligeait une douleur affreuse. Elle était à la fois plus étouffante et plus absente que jamais auparavant. Le Temps n'existait plus. Demain n'existait pas, et Hier s'éffritait déjà. Le passé comme un rêve émerveillé. Le monde entier avec tout ce qu'il comporte d'évènements, de besoin et de nécessités, venait de disparaître dans le néant le plus mou et le plus gigantesque.
En fait, il n'y avait que la douleur.
Renaud soupira d'agacement. C'était affreux. C'était une torture de plus. Sentir que notre présence exaspère l'être que l'on aime le plus. L'être que l'on adule et qu'on adore.
Sélène se leva, sans larmes et sans spectacle. Polaire au possible. Il prit sa sacoche noire, renoua fermement ses lacets et claqua la porte.
Une seconde, Renaud voulu détruire honneur et ego; et courir après lui pour le rattraper et l'embrasser, pour l'aimer, l'emmener dans une nouvelle joie et offrir son éternité. Mais il eut l'idiotie farouche et la bêtise inégalable, la connerie monumentale d'oublier aussitôt cet élan et de penser à ranger son lit.
C'est comme s'il semblait trop difficile, trop cruel pour soi même de faire fi de nos considérations. De nos doutes. Et s'il suffisait simplement de se lancer sans réfléchir. Pour vivre. Pour vivre. Mais il est dur d'être un bel imbécile.
Les occasions manquées.
Qui nous tiennent et nous dévorent. Quand nos âmes meurent bouffies d'inconscients regrets.
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mardi, 24 avril 2007
Les mains d'un Hellène
" J'ai du Printemps dans les doigts " dit Théodore.
Mais Sélène n'écoute pas, ou alors d'une oreille distraite depuis une heure déjà. Il a le regard perdu sur les nuages blancs comme du coton. Et dans ses mains, il tient un verre de lait frais. Il s'est assis sur une chaise craquante, dans une position lascive, élancée. Comme un voile déposé et lissé par le Vent. Ses cheveux tombent sur ses épaules comme respectueux de son torse nu. Quand il respire, il se gonfle merveilleusement. Son pantalon ne couvre pas ses pieds trop longs et pâles. Il flotte un peu sur ce corps immobile.
Sélène est absent.
Alors Théo recommence à faire glisser son archer sur les cordes. Il en sort des fleurs et des parfums, des couleurs et des trésors de Soleil ou de brises. Celles des matins frais et simples, où l'on converse avec un astre de feu à peine éveillé en mangeant une confiture. Il y a alors la fenêtre qui s'ouvre et qui laisse échapper au monde l'odeur du café, les bruits de l'eau et les sons de joie.
Quelque part, un rayon de Soleil traverse les nuages que Sélène regarde. L'Azur se découvre peu à peu. Le chocolat embaume doucement la pièce. La Nuit aux côtés de Théodore a été superbe. Il est doux et émerveillé. Byzantin fier et fragile, Grec lucide et amoureux. On embrasserait son profile sur un vase. Oui.
Sélène se lève pour ouvrir une fenêtre aux jointures bleues.
Théo termine en apothéose.
Au loin, l'Aube embrasse l'Acropole qui trône, jeune et orgueuilleuse sur son rocher. Quelques colonnes redressées jouent d'excitantes érections; et l'Odéon est superbe de Silence avec ses antiques fantômes qui répètent une comédie aimée. Vraiment, c'est beau.
Et Sélène dit, entre deux sourires: " J'aime quand tu joues du Violon ".
Ils s'embrassent sur le blacon.
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mercredi, 11 avril 2007
J'explose
Quand viennent ces envies de cogner dans toute cette connerie.
Sur soi même, parce qu'on est notre pire ennemi.
Sur les autres.
Sur Lui, sur Eux: le Gang.
J'en ai marre d'attendre, de tourner, de stagner, de flotter à l'horizon.
La vie c'est une pute.
Parce que je reste Négatif et que je suis Conne
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samedi, 07 avril 2007
Renaud
Incontestablement, le plus beau de tous.
Et le plus méchant. Il adore sa méchanceté, il la considère comme une de ses plus grandes qualités. Ce n'est pas une tornade, une tempête ou un orage. C'est un Automne gris et dur, une lame, un ongle qui s'enfonce dans la peau. Et par dessus, un sourire fier et mortel.
Et pourtant, il est doux comme les cerises, et quand il rit, il découvre une patinoire. Ses yeux sont de grands lacs noirs dont on ne sait rien. Mais qu'on craint et qu'on adore. Ses traits sont irréguliers, et ses joues trop creuses. Sa bouche, trop petite, est celle d'une précieuse.
Ses vêtements sont comme des pétales. Noirs. Ils bougent avec lui, avec ses gestes rapides et durs. Mais il reste souple comme une anguille pour se glisser dans des lieux mal famés. Et en ressortir des idées plein la tête. Peindre et c'est tout. Il lui faut bien alors trois tubes de gouaches blanche pour se calmer.
En noir, c'est un corbeau. Sauf que sa voix n'est pas un croassement, même s'il aimerait bien. Il ne vole que sur scène, et se ballade dans les cimetières comme une Marquise dans son jardin.
Ce fut une Liaison Dangereuse. Les années sont passées, et aujourd'hui il est loin. Et c'est délicieux ainsi.
Quand il fume, on ne peut rien faire de mieux que lui. Il est, à ce moment, le plus beau du monde. Rien ne peut détacher de se spectacle. On voudrait ne plus être là, n'y avoir jamais assisté. Et ensuite, on se jette en pleurant sur ses propres cigarettes.
Ses baisers sont un poison merveilleux.
Son étreinte est superbe de puissance.
Et sa morsure...
Sa morsure vaut tous les corps à corps.
Oh my Goth!
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dimanche, 01 avril 2007
Je portes mes bagues la Nuit pour mieux te séduire
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mardi, 27 mars 2007
L'Existence
Sélène dansait encore comme une tornade blanche sur une piste de marbre noir.
Fasciné par sa souffrance. Ses yeux fermés, son coeur idem. Son esprit combattant. La sueur imbibait ses vêtements, ruisselait dans son dos et sur son front pâle. Mais on ne sent pas la chaleur. Son corps se désarticulait en grâce et en vitesse. Où le tissu subissait les mouvements imprimés et bruts. Mais on ne sent pas l'effort. Ses longues mains fendaient l'air comme les ailes qu'il voulait sentir naître. Son équilibre était un défi à cette putain de réalité. Et on se sent vivre.
L'Orage en lui.
Le Moi comme meilleur ennemi.
Se sentir coupable. L'envie de se déchirer, de s'en prendre à son esprit; et de lui couper les veines de ses sentiments. Comme pour mieux le voir mourir, s'étaler de tout son long au fond du mental abasourdi de tant de violence. Détruire ces folies qui nous poussent à penser que les baisers sont encore beaux, que l'aloes sentira encore bon demain, et que le Printemps sera frais.
Autour de Sélène, il y a ces garçons qui ne sont pas des étoiles. D'autres danseurs exhibent leurs transes fausses et indélicates. Son égoisme rayonne comme une nouvelle étoile, immense et fragile. Narcisse à la nuque brillante; aux perles translucides. La douleur fuyait par tous les pores de sa peau, elle suintait dans sa fuite. Ne restait que la souffrance, belle, superbe et forte. Celle qui le rendait soudain si vivant. Sélène la détestait et l'adorait. Il aurait voulu la défier une fois, l'exploser en crachat de prince. Mais, il comprit que c'était au fond de lui. Que son instinct le réclamait malgré lui. Même s'il ne la supportait pas, même s'il ne la supportait plus pour tout le mal qu'elle lui infligeait, il l'aimait pour l'existence qu'elle lui offrait. Le sentiment de vivre, malgré lui, malgré lui.
Vivre, puis survivre. Prendre le pas; dominer, vouloir. Tout cela lui apparaissait maintenant si clairement. Il en riait de nervosité. Il voulait atteindre l'inaccessible Etoile. L'autre, l'Etoile. Fi de la désespérance.
Il avait comprit.
Les masques sont des armures qui protègent notre faiblesse. Le poison du doute dévore tout.
Sélène survit.
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dimanche, 25 mars 2007
L'invitation au Voyage
La tondeuse dans la main, et maintenant, quoi?
Changer. Pour renaître, pour envoyer au diable ces horribles personnes qui parlent et nous rendent sourds. Pour qu'ils se taisent enfin. Pour qu'on me foute la paix, qu'il se dit. C'est une envie qui lui a pris dans la nuit. Il ne dormait pas, il ne dormait plus. Il fumait sans y trouver aucun réconfort. Et il n'en trouverait pas non plus dans les bras de n'importe quel mâle aux odeurs suaves, fortes et tyraniques. Rien. Sa mélancolie le perturbe et sa tête lui fait mal. Foutre le camp cette nuit et qu'on en parle plus.
Abandonner le monde, la rotation de la Terre, la fourmillière et tous les ennuis qu'on abordent et qui nous sabordent. Toutes ces âmes orientées vers leur société corrompue, contre nature, qui supprie les idéalistes, les penseurs de l'étoile polaire et les bêtes à Bon Dieu.
Mais abandonner tous ces livres? Toute cette connaissance, ces poèmes. Charles. Celui du XIXe. Qui d'autre le comprendra sinon? Les phrases et les parfums du bout du Monde, perdront leur sens et leur interêt. Les couleurs n'auront plus d'utilité; dans un univers qui ne les voit plus, ne sert à rien.
Vivre pour ressentir. Même si cela est de la douleur. Ressentir pour les autres, parce qu'ils ne le font pas, parce qu'ils ne le font plus. Et tendre la main à des pays inconnus où s'étalent les soieries divines de la rêverie simple. Et repenser au bonheurr dans les bulles d'un alcool froid qui transporte en dansant dans la fumée épicée, douche, blanche, et farouche.
Sélène attend encore un peu, que la lumière se fasse sur les mots, au coeur de sa nuit. Il passe ses mains sur sa peau, et boit du lait pour passer dans le papier. Pour se ralentir aussi dans l'Oeuvre de son âme. Son travail spirituel, son besoin de vivre quelque chose de merveilleux.
Alors, il y aura lui et le reste. Et ç'aura été si beau et si grand; si poussé dans la démesure qu'enfin il chantera les litanies sensuelles du trépas chaud et froid. En s'en moquant avec toute la grâce qui l'accompagne.
Sélène prend le téléphone, à l'endroit. Il appelle Jane. Il la réveille mais c'est important. Il faudrait partir. Il doit partir! Sélène doit aller au bout du monde pour collecter ces précieux sentiments de Vie. Jane s'inquiète et se lève brusquement mais avec élégance. Elle lui dit "ne bouge pas". Elle arrive. Sélène jette le combiné noir sur son receptacle mais rappelle une agence qu'il connait. Mais c'est la nuit, et les gens sont assez cons pour dormir quand il veut partir. Et puis il se souvient d'un ami anglais. Distingué et élégant au deumeurant. Il l'appelle pour lui emprunter son avion. "Pourquoi? " lui demande l'accent. Sélène explique pourquoi. Pourquoi il ne peut pas s'expliquer. Il doit juste savoir que c'est important et que cela ne peut attendre. Alors l'anglais, avec son coeur et sa gentillesse de british, lui dit de se préparer. D'attendre Jane, et qu'ils le rejoignent sur la piste. Sans étoiles. Lui, il s'occupe de tout: le pilote, la précipitation, l'ambiance.
Sélène embarque le minimum dans un large sac en bandoullière; en toile de couleur terre. Il y fourre des fringues, des bijoux en argent ou en bois, des prunes aussi pour le voyage. Jane arrive; les cheveux en bataille, les rides superbes. Son sac sur le dos, elle a déjà ses affaires. Jane qui suit jusqu'au bout du monde et qui le trouve prêt.
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lundi, 19 mars 2007
Romain P.
Sans simples choses, il est grand et droit.
Mais vraiment grand. Et très droit. Même s'il se penche souvent pour regarder si ses pieds ne vont pas partir sans lui. Ou alors si le sol s'éloigne encore. Bref, Il est maigre comme un clou. A en devenir marteau.
Obtus comme un patriarche, la croix en plus. Grand et rigide comme un Beffroi, le rouge en moins. Des fois, il a cet air sévère de vieux monument qui le rend polaire au possible. Et puis il se promène avec ses gants de psychopathe, pour nous pincer les fesses. L'andouille.
Comme c'est mon grand frère, il ne me fait jamais de câlin; il a un coeur de marbre fendu de là à là. Mais je sais qu'il ne faut pas le secouer, il est plein de larmes. Il a le rire facile; et puis c'est un gros dégueulasse. Romain peut parler de cul et de politique sur le même ton. Mais plus facilement de cul quand même. C'est un cahier du cinéma tellement subjectif que j'ai envie de mettre de la crème entre ces milles feuilles.
J'ai peur qu'il s'étouffe un jour, mais pour l'instant il sent plus le citron que le sapin.
Il est tellement à cheval sur ses principes, qu'on dirait d'ici quelque général sur son destrier. Statue de bronze toute fière sur une rue au nom pompeux. Une vieille croûte qui se la ramène, réglé comme une pendule d'argent.
Et cette grande gueule est un amour.
22:10 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 18 mars 2007
Adrien
Noir. Et Blanc.
Et Beau; avec ses yeux comme de la peinture qui craint l'eau.
Un visage givré, et un monde tout gris. Tourmenté et grave rarement, mais parfois. Mais quand il rie, c'est une cascade de lumière. Et puis il est un peu frappé quand même. Et colérique aussi. Du genre à s'énnerver pour des broutilles, à s'attacher à des petits riens et à laisser passer des trucs gros comme une maison sans même les avoir vu. Fier, il lève le menton haut, bien qu'il sache parfaitement où il met les pieds. Quoi qu'il en dise cet arlequin.
J'adore ses lèvres.
Et ses baisers sont un trésor, un printemps qui naît, un paradis sucré et suave. Inattendus, soudains, superbes.
Il fait partie du Gang.
Sous le Sable, ou sur le Fil.
Il porte ses points faibles en bandoulière. Et ses manières au bout des doigts. Ses mains sont sans cesse en mouvement, à jouer avec quelque chose, à pianoter, à tripoter, à caresser. Dandiné et excentrique; il brille comme une étoile. Peut-être que s'il se réfugie sous la Lune c'est qu'il pleure en secret. Mais je n'en sais vraiment rien.
Il est beau...
Adrien qui ne pleure pas. A cause de ses yeux comme de la peinture qui craint l'eau.
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samedi, 17 mars 2007
Ode médiocre
J'aurais pu écrire ceci en vous apostrophant ainsi:
Aux justiciers de l'encre.
Aux perfectionnistes endiablés.
A Vous, lecteurs-écrivains-artistes qui venez rire de mes vains essais pour rallier votre sphère de perfection et de youpi-lala.
A vous seuls donc;
Mais je me rappelle Isménias et je vais chanter pour les muses et pour moi.
Ma médiocrité. Celle qui en fait sourire plus d'un. Même moi à vrai dire.
Je ne m'en vais pas critiquer les autres. Non, car chaque fois que l'on produit un effet, on se fait un ennemi. La médiocrité est un compromis juste qui vaut une certaine popularité. Et puis, quand on vise le médiocre, il nous atteint avant qu'on le fasse. En fainéant averti, j'évite de vains efforts.
Ecrire contre les autres est blâmable et bien souvent puni. Et l'on s'attire plus d'ennuis qu'on n'a voulu en contrer au départ. Aussi, il n'est pas interdit d'écrire sur soi-même. J'y appose beaucoup d'injures qui, Dieu m'en est témoin, ne visent pas autrui mais ma propre personne. Faire mon éloge, malgré mon vif désir, m'est impossible. Par contre, je peux me critiquer à outrance. A commencer par mon physique.
Qui pourrait un temps soit peu se targuer de faire quelque chose d'exceptionnel, avec un faciès aussi peu méritant, un extérieur aussi mal entretenu et si peu enivrant. Quand on sait, comme vous, que l'excellence physique va de pair avec l'esprit de perfection artistique. Ne suffit-il pas de vous regarder pour le savoir ? Vous, vous avez le profil de l'Artiste.
Il n'y a ni fraîcheur, ni joie, ni régularité ou finesse sur ce visage. Mon humeur morose et fâcheuse y fait ajouter des yeux vides d'expressions, et un front plissé. Encore serais-je joyeux que je rie, et cela me déforme ainsi qu'un monstre sorti de quelque laboratoire. Mon caractère bougon ajoute à cela, parfois, une barbe naissante que la fainéantise et la médiocrité d'esthétique m'empêchent de raser.
Oui, vous, vous êtes superbes et beaux.
Quand à mon allure, j'ai parfois l'air d'un sac qui se traîne dans les bordures des grandes villes, et parfois d'un pédé qui tourne à vide. Rien de bon ne ressort de cet aperçu extérieur. Et l'intérieur ne vaut pas plus et est inintéressant mais comme j'excelle dans ce domaine, je vais aussi l'aborder.
Je passe mon temps entre les livres et les relations sociales. Les livres médiocres, que je copie aisément, et les livres superbes que j'avale presque sans même avoir assez d'esprit pour envisager leur portée artistique. Et puis, en excès, je vomis un texte ici ou là, d'une médiocrité infamante. Les gens que je fréquente sont souvent des gens que j'apprécie; et bien souvent je suis indigne de leur compagnie ou alors ils sont aussi médiocres que moi. Je ne vous fréquente pas, n'est-ce pas là un signe de plus qui m'accable?
Aussi, la médiocrité est-elle chez moi comme une seconde nature. Mais dans un sens, un scribouilleur médiocre est toujours à son meilleur niveau.
Mais tout cela est bien extérieur, combien sommaire est ce premier rapport de mes torts envers vous! Je me prendrais bien à parti mais je suis incapable de réaliser quelque effet que ce soit. Il n'y a que vos originalités qui vaillent la peine d'être lues.
Il y a un bon moment qu'une erreur profonde et stupide m'a poussé à déclarer que j'allais écrire quelque chose, un jour, qui vaudrait son pesant de cacahuètes. Cette soupe indélicate, ce miasme de lettres et d'images mal choisies m'est propre. Je suis médiocre comme un zéro qui vient se placer derrière les seuls vrais chiffres.
Ma façon d'écrire n'utilise que des mots simples, qui voguent dans une phrase simple, avec des tournures simples et des images du même gabarit. Franchement, voyez-vous là-dedans le moindre signe d'une quelconque réussite dans l'escalier fabuleux de la reconnaissance de ses pairs? Non, évidement. "Il est curieux de voir combien l'excellence adopte fréquemment les manières simples, alors que les manières simples passent si souvent pour un signe de médiocrité"; nous dit Leopardi. Vous, vous écrivez de belles choses parce que vous êtes formidables. Et je vous encourage à toujours gratter le papier ainsi, en espérant que la rudesse des crayons ne mette pas à mal "vos blanches mains débiles".
En attendant que votre intelligence ait intégré les valeurs de la modestie; je vous conchie avec concupiscence. Et je vous emmerderais bien un peu aussi.
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vendredi, 09 mars 2007
L'Utopie
Ce serait l'humilité des écartelés.
Elle a la couleur de l'aimé. L'odeur des matins froids. Elle pique la conscience jusqu'au bout des doigts. Les papillons, habillés comme Stendhal, y virvoltent en Empereurs divertis. Le Lotus s'ouvre même la nuit, brillant comme l'argent. Nos âmes se colorent, et nous volons pour ceuillir des étoiles. Des étoiles. Il y a même des femmes, comme les oiseaux-chanteurs gardés par des spahis.
L'Utopie, ce serait l'humilité des écartelés.
L'Utopie qu'il faut bien rêver, vaille que vivre.
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samedi, 03 mars 2007
Sélène
Sélène est beau et pâle.
Il a le goût de l'eau et il est calme comme un ciel bleu. Il sent l'aloes.
Ou le Lotus.
Il a la peau comme la couleur du chlore et ses cheveux sont blancs ou purs. Il aurait aimé avoir les yeux gris, cela aurait ajouté au Froid et à l'Hivernal du personnage. Ils sont bleus, c'est déjà ça.
Il dort sur un grand lit plat, sans pieds ni poutres. C'est épuré et lisse, mais cela manque de couleurs. Comme lui, comme sa personne et son monde, mais sans que ça ne froisse un drap. Ses mains sont fines et serrent l'oreiller et son poignet.
Sélène s'éveille alors, beau comme Adam; il s'étire en grognant. Il tend le bras pour attraper les Lettres de la Marquise.
Par la fenêtre, l'aube est fraîche et brumeuse. L'Automne se répend dans l'air et Sélène s'affale sur un sofa. En bas, une dame vend des fleurs contre des mots doux. Bientôt l'odeur du chocolat parfume la scène et c'en est exquis.
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vendredi, 23 février 2007
Charles
Charles est un Soleil craché sur du sable.
Il s'habille d'un tourbillon de tissus qui font sur lui comme une harmonie de couleurs. Il est cambré et se dandine, parfumé de virilité et d'extase.
Ce matin là, il mangea en vitesse quelques abricots secs et avala d'un trait son orange. Puis il descendit merveilleusement bien l'escalier et s'en fut dans le matin froid.
Dans la rue, les femmes qui le croisent promènent leurs yeux sur sa bouche et ses reins, mordant leur lèvre d'un sursaut de libido. Dans la rue, les hommes qui le regardent sont jaloux et s'excitent.
La Brume lui fait comme des nuages sous les pieds et le froid l'embrasse sur sa barbe naissante. Au coin d'un boulevard sans nom, une dame fume en attendant l'autobus et la vendeuse de beignets à la crème lèche ses doigts sucrés. La Ville est grise comme nos âmes, sans limonades ni alcools. Mais Charles y est comme un Perse brûlant.
Après quelques carrefours transparents, il s'envole dans un escalier, et saute sur une chaise, bruyant dans son retard. Quelque part, sa non-chalance emmerde quelques camarades et des filles se caressent les poignets en s'imaginant son étreinte virile, superbe.
15:40 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 27 janvier 2007
Récit extrêment concis et épuré de la vie d'un moine chartreux; librement inspiré du film "Le Grand Silence".
Il était une Foi: la mienne.
17:40 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
vendredi, 27 octobre 2006
Annie
Toute gentille et toute belle.
Avec des mots magiques et des sourires qui font dans le coeur comme une douce affection.
Ca sent la lavande et le savon à la crème; et aussi les matins de toutes les saisons. Ces matins où l'on ne se lève que pour voir l'aurore nous crever les yeux. Ne faire que cela rarement, bonne chose oblige.
Comme les discussions tardives et heureuses.
Une amie.
Qui a tous les âges en même temps. Fragile comme une montagne, et forte comme une paquerette. Du thé, verveine. Cette tasse autour de laquelle se posent ses vieilles mains de petite fille.
Une plume à se dévorer les doigts, et la sagesse d'un arbre aimant, qui trempe ses racines dans l'eau claire et fraîche. Ruisselante de joie.
Une dame toute simple, jolie et gentille, qui me materne un peu.
Et moi, petit garçon fasciné.
21:15 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 07 octobre 2006
Saturne
Deux ans.
Voilà deux ans maintenant, que je croisais ce regard plein d'envies. Noir et Superbe. Noir.
Il s'en passe des choses, ll s'en passe des jours. Mais il est toujours aussi Beau. Et il est toujours aussi bon de te savoir si loin, si hors de portée, si impalpable et surprenant de solitude, si nocturne, mince et éffilé, perdu dans l'horizon sur ton propre territoire. Noir et Blanc et teinté de rouge. Volant de gorge en gorge, assassin sans couteau.
Et te voir chaque Nuit dans les plis de rideaux dès que la lumière joue sur les murs.
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mardi, 03 octobre 2006
That's right, I am the Pumpkin king!
Revoir ces rues humides, ce ciel gris, bas et lourd. Gris de chagrin presque. Quelques couleurs éparpillées ci et là, qui jurent avec le grisâtre ambiant. Des néons criards, des passants qui ne font rien d'autre que passer dans leur manteau gris, et leur mine grise, sortant de bistrots glauques.
Cette ville me fait penser à un légume. Il n'y a pas d'âme. Il y manque quelque chose; et en même temps il n'y manque rien. C'est triste. C'est triste mais c'est comme ça.
Des petites portes semblables, sur des maisons qui ne le sont pas moins. Une ville reconstruite après guerre. En béton. Un point gris sur la carte.
Et en même temps, avec ou sans Renaud, elle porte son odeur. Ca et l'eau qui ruisselle dans les caniveaux. L'odeur aussi de la voiture, des phares allumés, d'un coup de fil à Annie sur un parking. Un coté Ville du Bout du Monde. Du miens en tous cas. Une terre étrangère. Presque un territoire ennemi. Un territoire qui n'est pas le mien. Plus froid qu'une banquise au ciel bleu. Avec la peau blanche de Renaud sur chaque vitre, chaque miroir qui me reflétait.
Je ne sais pas si j'aime cette ville ou pas. J'y suis allé. J'en suis revenu. Par une seule route large, longue.
Ces temples du souvenirs qu'on ne visite que pour une bonne raison. La passion ? Sûrement. La passion qui pousse à faire autant de chemin que la voiture pourra rouler. Et puis revenir, sans avoir rien fait d'autre que respirer son parfum, imaginer sa vie dans ces rues, voir son ciel, à lui.
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mardi, 12 septembre 2006
Transcendance d'une Voix
- Allo ?
- Julien ?
- Oui ?
- C'est Renaud...
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dimanche, 23 juillet 2006
Caps marins
Une danse des beateaux.
Un va et vient simple et lourd, lent et bleu. Les navires, masses sombres, grondent sourdement au loin. Et le grand Astre de Feu s'enfonce dans l'Océan, laissant derrière lui une vapeur dorée, scintillante, écarlate presque.
Iode.
C'est beau tant c'est présent. Et momentané. Et Imprévu, aussi. C'est sur l'instant; le silence à peine troublé, admire le décor et mon esprit chante les derniers rayons du Soleil, encore, encore. Comme les oiseaux blancs en chorale saline et ventée.
Il n'y a aucun trait à ce tableau, pas de finitions. Ce sont des couleurs éparses, brossées, opaques, unies dans ce gris frais et tardif.
Et ils s'allument quand la nuit tombe, ces lents vaisseaux qui dansent. Ils ont ces allures de lourdes princesses qui rentrent au Port.
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mercredi, 05 juillet 2006
Théodore Monod
Le Marcheur du Désert.
Le Chercheur de cailloux. De bibelots d'Orient. De grains de sables, de parfums avec leurs fleurs, d'Oasis fraîches et jalouses, d'âme avec leurs sourires, et de solitude dangereuse.
Un vieil homme, avec sa barbe blanche en désordre, ses yeux fatigués du Soleil ardent et implacable, ses mains usées et l'élégance d'un dieu. Le bel homme.
Ah, comme il me languit ce goût des méharées! Ces journées harassantes où l'on ne cesse d'avancer, désert sous les pieds, scrutant un horizon silencieux et vide. S'en remettre à la Fortune, oh le grand air! Et ces éternités scintillantes où plus fort encore devient l'invitation au voyage, l'appareillage plein d'espoir, la vie de Hasard choisi.
Théodore avec ses idées, son humanité et ses yeux. Il écrit, et on dévore. On admire la philosophie trônant sous son bonnet rouge, la Foi jolie de son coeur comme un coquelicot qui bouge. La Sagesse. Avec son parfum de thé à la menthe, et d'amour, d'affection, de Toi, d'Encore, pour toujours.
Ses mots, ses mots, ses mots. Ceux-là qui, comme des colombes vieillies, emportent l'Universel Humain dans les paradis perdu où il goûtera les parfums à Monod.
Monod. L'Eternel marcheur de là-bas; le vieux des méharées qui boit de l'Au-delà.
VESPER
La nuit tombe et déjà s’efface la colline.
Seul devant le mystère où grouillent les dangers,
Seul dès l’aube, à midi, seul quand le jour décline,
Seul au milieu des siens, intimes étrangers,
Acteur inconscient on a joué son rôle,
Et mimé tour à tour, en bouffon solennel,
Le pitre et l’ingénu, le saint et puis le drôle ;
Imposteur innocent, raisonnable et charnel,
Acclamant l’idéal et suivant la nature,
Conciliant sans peine et " Devoir " et plaisir ;
Aveugle on a marché, sans guide, à l’aventure,
Aux chemins imposés qu’on avait cru choisir.
Mais le vent s’est levé qui va tarir la sève ;
L’heure a sonné, la mort approche : ô vérité,
Va-t-on soudain pouvoir, s’éveillant d’un long rêve,
Entrer, vivant enfin, dans la réalité ?
Théodore Monod
(à dos de chameau, Adrar,mars 1949)
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vendredi, 19 mai 2006
Romain D.
Une Outre à bons sentiments.
Avec des fleurs qui lui sortent de partout. Des sortes de roses blanches écrites dans des cahiers à pattes de mouches. Des questions. Des prunes, des abricots, du chocolat.
Que dit-on déjà? Bon comme du pain blanc?
Bleu comme un ciel, doux comme du miel.
Quand il parle, il sent la cerise et l'eau bénite parfois. Sûrement pour rester frais.
J'aime bien quand tu agrémentes les chemins de fleurs. Tes deux pieds dans la terre, les yeux vers le ciel. Amoureux de l'espoir. Amoureux exclusif, amoureux à en crever.
La vie comme si c'était vrai. Et des conneries pour de rire.
Il est complètement schlass. Toc toc. A la masse. Champion du monde. Il a la tête qui fait boum et de belles fesses bombées. Il parle trop parfois, on dirait une poule. Et quand il rit, il glousse. Son léger zézaiment ajoute au charme de ses yeux pétillants; c'est mignon et délicieux.
Il se pose toujours des questions, dans son bol de thé. Savoir pour vivre. Savoir pour aider, aimer, bercer, pleurer et chahuter un peu; danser sur une étoile aussi et redescendre pour sucer son pouce dans les bras des intimes.
Simple comme Dieu.
19:10 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 15 mai 2006
Accélération du Rythme Cardiaque
Horloge ! dieu sinistre, effrayant , impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton cour plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;
Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison,
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte , Maintenant dit : je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
Remember ! Souviens-toi ! prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toute les langues.)
Les minutes, mortel folatre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !
Souviens toi que le temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi,
Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh ! la dernière auberge !) ,
Où tout dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard !"
(Baudelaire; Les Fleurs du Mal)
Au fond, contre le mur. Tu te dresses et tu regardes, mon enveloppe imparfaite fléchir sous ton poids.
Tu te dresses majestueux, sombre, froid. Tyran. Tu suintes le Temps. Tu l'ordonnes et le tirailles, écartèles, cisailles, opères et mitrailles tes secondes dans ma peau blanche.
Pétrifié.
Enormité noire. Cercueil. Cercueil!
Qui réclame mon cadavre, pour violer mon âme. Avec ton aiguillon. Ton pendule bandant. Puant. Je le vois à travers ton immonde ventre transparent; où il attend balançant, impatient. Obsession. Je ne te ressens que ça, Horloge. Ton obsession malsaine pour notre pourriture. Nos merdes, nos décompositions, nos globes oculaires perforés, usés. Nos mains qui grifferont tes parois quand tu nous avaleras dans ta gorge glaireuse des rouages.
Tu voudrais me broyer sous ta puissance. Je le sens jusque dans mes reins. M'empêcher de jouir.
Pétrifié
Impassible. Horrible et sans mouvement. Tapis sous la poussière et l'ombre.
Sinistre statue.
Je vais m'extraire de ton antre sec. Inconnu qui me poursuit. Moi. Moi. Moi. Je serais survivant. L'Unique. Le Dieu. Ton Maître.
Je te cognerais de mes verbes, de mes peines, mes angoisses froides et humides; ma peine sombre et sanguine. Je ferais jaillir ton sang, pour m'en repaître enfin. Pomper jusqu'au plus profond de ton âme rouillée, et usée. Déchirer ta toile. Piétiner, nu, l'affreuse matière que tu détenais.
Je serais ton Tyran.
Et je mourrais. Beau, nu. A tes pieds, ta ruine.
Décrépit, sec, effrayé sur mon visage figé.
Pétrifié.
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vendredi, 31 mars 2006
La Bête Curieuse
de Brigitte Fontaine.
"L'amour physique est sans issue
Tu le sais, oui, toi non plus
A dire vrai il y en a pas des masses
Des belles histoires de cul"
Gainsbourg
Encore un ouvrage de Brigitte Fontaine. J'en ai lu trois à la suite; parce que j'aime. J'aime sa plume, sa vieille main, sa voix cassée que l'on entend raconter dans un couloir d'hôtel, son velour rouge, ses fleurs. Bleu.
Hanna est touchante. Les autres, on s'en fout.
Hanna est belle, "rouge comme Adam", hors du temps, elle vieillit tout de même à travers la fumée de cigarettes et les bulles de champagne. Le sexe est beau et fort; c'est un Foyer de cheminée, une flamme au creux des reins.
Encore une fois la plume de Brigitte Fontaine emporte. Dans un lit, dans une chambre, dans une voiture sur les routes grises et musicales de l'écosse, dans les bras d'Iwan, dans les baisers de Giovanni.
Le degré de lecture est vacillant, penchant parfois du côté du récit désarticulé et splendide, parfois de celui des idées présentes, concrètes, pour toujours, à retenir, à écrire sur un papier pour la garder dans un coin de poche et la lire avec son café. En fumant. Clope.
C'est presque une autobiographie; elle est Hanna sans l'être. Disons plutôt qu'elle la connait, elle la comprend. Comme dans les autres ouvrages, on a l'impression d'aborder l'histoire du personnage de Brigitte Fontaine avec l'intéréssée. Pages d'Aloes, les phrases se dévorent comme des rails.
Une éloge du coeur, une éloge du cul, un amour d'elle même, des actes, de sa peau, ses seins, son ventre et ses mains.
Ah, que la Vie est Belle...
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dimanche, 26 mars 2006
Jeremy
Je t'avais dis que ce serait ton tour.
Tu ne viendras pas te plaindre.
Il est grand. Un peu tordu aussi, comme une sorte de pantin qu'on aurait bousculé pour l'accrocher à une poignée de porte. Comme ça. Sans se soucier de ce qu'il adviendra; alors il fait le con tout seul, il fait le chanteur tout seul, il parcours son bout de chemin caillouteux et duveteux, tout seul.
En bonne marionnette, il a lancé pas mal de fils sur les personnes qui lui plaisent. Pour s'entourer. Et rire, surtout.
Clopes, clopes, clopes.
Le kéké. Il a un petit coté paon. Regardez comme ma queue est colorée, voyez comme je suis beau. L'image importante et le verbe occasionnel, parfumé d'aloes, d'épice, de cigarette, de noir, de rouge, de ville du crépuscule, de musique trop forte, de fréquentations, de sensations, de rétro, d'élan, de gigolo, de chiant, gnangnan, vermeille pour les baisers, kéké comme une abeille.
Clopes.
On ne peut pas lui dire quoique ce soit, il râle sans cesse. Réfractaires et réformé du mou. Il a des mimiques chiantes. Mais je lui ai volé un baiser. De côté.
Alors maintenant je sais que ce grand couillon, ce beau brun, répond en souriant bêtement quand il s'est fait volé la maîtrise des choses.
T'es bête et t'es beau.
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mercredi, 22 mars 2006
Galerie d'art à Kékéland
de Brigitte Fontaine
Une enfilade de portraits d'amis qui nous font découvrir une personne douce, tendre, et aimant l'intimité de ces liens de toujours, aux reflets de pierres précieuses.

Il ne faut pas s'y méprendre; il ne s'agit pas d'un receuil d'images, de peintures telles que l'on peut en trouver sur l'île Saint Louis, Capitale de Kékéland. C'est un enchaînement de portraits écrits, de mot de Brigitte, avec sa plume, sa salive, son parfum, son timbre de voix et ses doigts d'araignée qui tisse son monde.
On y voit apparaitre Françoise Hardy, Christophe, Alain Bashung, M, Jacques Higelin, Etienne Daho, Georges Moustaki, Bertrand Cantat de Noir Désir, Arthur H ou le compagnon de Brigitte: Areski Belkacem.
Sa plume apparait encore plus étrange dans cette suite de textes: C'est du téléscopage. Un mot en téléscope un autre, puis encore un, et un autre, et une dizainne, pourquoi pas vingt. De telle sorte qu'au final, c'es microscope sur une idée, et téléscope sur l'Univers.
Le lecteur, ravi par les milles vie de chaque kéké, ne sait quel degré de lecture il doit prendre. Ce n'est pas ce genre de portraits où l'on dit clairement ce que l'on pense de quelqu'un. Brigitte Fontaine ne prendra pas la peine de dresser le portrait de gens qu'elle n'aime pas. Ici, c'est de l'angélisme, du bonheur d'amitié et d'intimités, Sa vision, à elle, seulement, exclusivement. Comme si l’on feuilletait l’album en compagnie de l’intéressée.
"Toutes ces personnes font oublier qu'il existe en masse des abrutis, des beaufs, des néonazis et des imbéciles. A Kékéland, tout le monde est un amour" B.F.
Ce qui n'est sûrement pas du pipeau...
22:15 Publié dans Au fil des pages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 16 mars 2006
La Limonade Bleue
De Brigitte Fontaine

La Limonade Bleue, c'est l'histoire d'un couple.
A vrai dire, j'ai encore du mal à en revenir.
La plume de Brigitte Fontaine est précisément la même que dans ses textes, ses chansons. Elle enchaine les mots, avec un goût de Madeleine Proustienne, sans rentrer dans le détail romantique, surchargé, trop sucrée.
Tout est suggestif. C'est surement cela que l'on appelle être entre les lignes; il y a une histoire, dont on se fout presque. L'interêt se trouve dans le ressenti de chaque personnage. Et tout, dans ce livre, est du ressenti, des images suggérées, des sensations presque palpable, des frissons presques musicaux. Brigitte Fontaine transpire à travers toutes les pages comme une voix off cassée, chaleureuse, froide, tendre et dure comme la fumée de cigarette.
Elle ne s'attarde pas dans les détails du récit. Ni dans le récit lui même; Stella en compagnie de Toni ou non, à vrai dire, on s'en ficherait presque, mais c'est tellement bien écrit. Cette banalité quotidienne, internationale, est sublimée presque et brille comme une dorure sous la vision chromatique de Brigitte Fontaine. Par contre, elle s'attardera sur les couleurs. Si l'auteur veut faire ressentir au lecteur une sensation précise, une couleur précise, elle enfile les mots jusqu'à atteinde le fond de son idée, sans en démordre, jamais.
L'importance primordiale du parfum des capotes, de la couleur des cheveux de Stella, des yeux de Toni, du sourire de Serge, de la similitude entre les diamants et les goutes d'eau qui restent au printemps sur les feuilles des arbres... Tout cela, colore les chapitres comme la couverture, et parent le récit d'un goût nouveau, ennivrant, presque.
Dès la première page, le lecteur est emporté dans le récit, sans même pouvoir ni vouloir s'en dégager. C'est rapide, ça noie, c'est délicieux et délectable.
La fin est brutale et le lecteur, assomé, pleure.
22:30 Publié dans Au fil des pages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 15 janvier 2006
L'Absente
En toute absence, en tout silence, il y a un an.
Et vivre dans la condescendance, au fil du temps.
Même pas capable de faire un bon texte pour toi. Quatre vérités face à face avec un miroir cru de nudité. Les mots jouent aux traîtres quand je cherche à les poser. Il y a quelque chose de ridicule dans la nuit retournée, comme un bourreau qui se mettrait à pleurer. Il n'y a que toi qui sache si bien t'absenter.
Jour sur jour, il y a quelque chose qui ne change pas. Rien à faire, quelqu'un manque. C'était comme un printemps pâle qui perçait sous la neige; c'est un automne froid dans un couloir de parois griffées, une écriture de noyée au bout de la jetée, un poignard aux racines de dorures bleutées.
Qu'on se souvienne un peu des promesses faites. Et plus tard que l'on se rappelle ma petite gueule de pédé et ton corps défoncé, cette putain de maladie qui te bouffait la tête. Belle dans ta douleur, droite comme un Cerisier.
Un an de ton absence, sans jamais oublier.
Avec quelques pétales pastels, ceux qui s'envolent au vent.
Tout mon amour face à l'âpre fatalité.
Et un bruissement du vent sur tes cordes de piano.
Cette saloperie de plaie au fond de la poitrine, la tête défoncée contre un mur. Ces moments sordides où l'on s'attend à se voir offrir un bout de parapluie, qu'on consume en cigarettes. Une fumée qui monte au plafond, signaux d'un maccabé en sursis.
A l'horizon, des fous qui attendent sur le chemin.
Mais qu'est ce que tu me manques.
Attendre qu'il n'y ait plus d'Hivers; t'offrir mes deuils, en attendant de chercher à te retrouver.
Les mots au bord des yeux; se foutre d'autrui, et de tout. Du temps, des livres, de Dieu, et des fous.
Et ne plus voir leurs gueules; conchier en libre service. Tapiner sur les trottoirs du passé, attendre et se nourrir de vice. Et ronger, ronger, jusqu'à saigner à en crever. Blanchir, indolent.
Une Nuit blanche pour ne pas rêver, Florence. Tout une solitude à pleurer. Pour me rapprocher. Un peu. Et m'éloigner, parce que cela vaut mieux.
07:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 janvier 2006
A mes marques, prêt...
Partez.
(Oui, c'est l'article de validation. Demain, j'arrête la cacahuète).
21:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



