vendredi, 25 septembre 2009
Fin.
Terre de Lune, c'est fini.
Je déménage. Je me fais pas page à moi, avec mon nom de domaine à moi et tout et tout. Je communiquerais l'adresse du nouveau site aux éventuels intéresses.
Je veux bien t'aimer, bien entendu
De toute façons est ce que j'ai le choix ?
Je suis piégé, Je suis perdu,
Je tourne en rond, je t'aime déjà.
Même si je sens que je m'érinte
A te chercher les bras tendus
Dans cet effrayant labyrinthe
Trop compliqué et trop tordu.
jeudi, 23 juillet 2009
Calling... you.
jeudi, 09 juillet 2009
Tour de voix
Je crois entendre encore
Caché sous les palmiers
Sa voix tendre et sonore
Comme un chant de ramiers
Ô nuit enchanteresse
Divin ravissement
Ô souvenir charmant
Folle ivresse.
Georges Bizet, Les Pêcheurs de perles
mardi, 02 juin 2009
Julien
Des grands yeux de chagrin en amande douce. Ca impressionne.
Il a des manières ici, des manières là, enroulé dans mon sarouel et ses écharpes. Il est boudeur, gueule d'Amour, attrape-coeur et patte de velours. Il est Prince de Byzance et ses mains sont d'Or. Un alexandrin, rien que ça. J'aime ses manières de Byzantin, oui, et ses façons orientales, ses soucis, ses scandales. Peut être parce que sa joie est subtile, qu'il est dubitatif sur le Pape, qu'avec lui je veux fêter mes agapes. Sans remords, lui, la colombe, moi le Veau d'Or.
Qu'est ce qu'il ne ferait pas pour un baiser! Il est une brute et un tyran. Fou d'ivresse? Pas forcément. Besoin de la Lune, des fruits, du vin et du miel. Sûrement.
Ma main sur tes reins... Imagine. C'est faire l'amour sans arrêts. Ca impressionne.
Ce n'est pas toujours drôle. On pourrait pleurer à moins. Au fond, il y a un piano. Les notes, en calmes refrains, y expriment parfois des colères élisabéthaines. Et, alors, il n'y a plus rien d'autre que nous deux. Car ça reviendra, ça revient, c'est revenu;
Ma valse avec Julien.
mardi, 14 avril 2009
Les salauds, tous des salauds.
4h25...
Le sommeil est un amant capricieux auquel je ne plais que quand les autres l'ont délaissé. La vie avec les autres (justement, maintenant qu'on en parle), la vie avec "autrui" a déjà ses moments d'Enfer, ouais, alors pourquoi Diable (salaud) faut-il encore se battre pour atteindre le repos? Obtenir le repos.
Les insomnies forment des générations de revanchards.
Et le Repos Eternel (Dieu est amour) est monnayé à Piété Inconditionnelle.
A l'heure où tout le monde dort et moi pas, je réalise que personne ne m'a jamais dit ce qu'il fallait faire. Tout fout le camp.
Cinq heures trente-quatre, et l'autre con qui joue une sonate.
Ca doit être le vin... Ou bien l'ennui. L'inactivité aussi, peut être. Les extraterrestres?
... Du clavecin... Manquait plus que ça...
La nature est dans tous les goûts. Et inversement, maintenant que j'y pense.
Six heures zéro sept.
Et pas une ligne correcte. Bla, bla, bla...
Je ne veux pas grandir, et la nuit, j'ai cinquante-six ans.
Oserais-je un soupir?
mercredi, 01 avril 2009
Un adieu dans les larmes.
J'ai fais un rêve, hier. J'étais allongé dans un canapé. Au milieu d'une pièce. Les couleurs sont safran, jaune, rouge, blanc. Le ciel, à travers les fenêtres derrière moi, est bleu. Le mur, en face des fenêtres, est bêtement affublé d'une porte qui n'a rien d'autre à faire qu'être entrouverte. Là, Raphaël entre. Différent. Changé. Je veux parler, il me dit "chut". C'est lui qui parle, mais je ne sais plus très bien les mots. C'était sur l'Impossibilité. Le "trop tard". L'Adieu. Il se penche sur moi, et je me mets à pleurer. Je pleure, parce que je comprends que, désormais, je vais l'oublier. Pas comme cela, si vite. Non, petit à petit.
Depuis cette nuit, je l'oublie.
Il m'a embrassé alors que je pleurai. Puis il est reparti. Fier et serein.
Mes larmes coulaient difficilement. Mais c'est lorsque j'ai regardé dehors, sur la place qui s'encadrait de bâtiments belges, et que je l'ai vu dans la foule, que je me suis emporté dans les vagues. Une foule d'hommes. Beaux, nombreux. Lui, il s'est retourné. Et il s'est plongé dans la masse, avec un sourire triste. C'est vrai, je m'en souviens encore, à cet instant. Il s'est effacé peu à peu.
Alors voilà; Raphaël est parti.
mardi, 24 février 2009
La gloire de la fleur
"...Though nothing can bring back the hour
Of splendour in the grass, of glory in the flower;
We will grieve not, rather find
Strength in what remains behind: ..."
William Wordsworth
mardi, 10 février 2009
Ma Foi
Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants et passa le gué du Yabboq. Il les prit et leur fit passer le torrent, et il fit passer aussi tout ce qu'il possédait. Et Jacob resta seul. Et quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore. Voyant qu'il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l'emboîture de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui. Il dit : Lâche-moi, car l'aurore est levée, mais Jacob répondit : Je ne te lâcherai pas, que tu ne m'aies béni. Il lui demanda : Quel est ton nom ? - Jacob, répondit-il. Il reprit : On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et contre tous les hommes et tu l'as emporté. Jacob fit cette demande : Révèle-moi ton nom, je te prie, mais il répondit : Et pourquoi me demandes-tu mon nom ? et, là même, il le bénit. Jacob donna à cet endroit le nom de Penuel, car, dit-il, j'ai vu Dieu face à face et j'ai eu la vie sauve . Au lever du soleil, il avait passé Penuel et il boitait de la hanche.
Livre de la Genèse, 32, 23-32
jeudi, 05 février 2009
"Ocean's Songs"
La mer. Elle est belle à regarder pour moi; mais je n'irais pas dessus. J'ai la trouille. Et trop de respect aussi, je pense. Je crois que toute cette eau m'angoisse. C'est l'expression même de la nature maîtresse, joueuse, et indomptable. Que ferais-je sur un bateau à part me pisser dessus de peur. Alors, je la regarde. Je la contemple; je suis à ces instants animé d'un désir profond, mais refoulé dans les abysses de la passion, mort de trouille à l'idée d'être englouti, avalé par les Titans.
Et combien y en a-t-il de ces maîtres des vents et des houles? Et combien, plus nombreux encore, sont ceux qui se sont présentés à eux, décidés à franchir ces territoires, minuscules entre les caprices de la mer?
Les vents, les vagues, les océans les crachent dans nos ports, mais ce n'est que pour mieux les revoir parcourir leurs étendues, acharnés et combattants, aventuriers d'Hier et d'Aujourd'hui.
Je crains ce Poséidon. Je courbe devant sa puissance et sa majesté. Puis, je rentre chez moi, courbant l'échine de ma fierté, hanté jusqu'au fond de mon âme par la Révélation toujours renouvelée des Océanides.
Tous ces noms de marins, d'océans, de caps, de mer et de vents résonnent dans mon esprit comme des contrées lointaines qui ne sont autorisées, qui ne sont accessibles au gros chat langoureux, lové entre deux bouquins, que je resterais. Je me contente de lire et d'imaginer. Et, peut être, qu'ainsi c'est bien.
jeudi, 29 janvier 2009
Je ne serais pas candidat.
On peut lire ici et là, dans la presse et selon les mois, des articles sur nos politiciens dont les dents sont désormais démesurément longues. Entre deux billets de journalistes, toujours plus mauvais les uns que les autres, on apprend encore que un tel se verrait bien candidat aux présidentielles. Connaître les ambitions. Voilà qui va encore faire avancer la charette à purin. Le journalisme est aujourd'hui à l'information ce que le caniveau est à nos chers toutous.
Mais, le pire, c'est qu'ils ont tout de même un peu raison, les folliculaires: ils sont légions à se voir à la charge suprême de l'Etat. Copé, Fillon, Bertrand, et cela rien qu'à droite. Entre autres. Mais à gauche aussi, ça pullule. Et les femmes s'y mettent aussi; mais je ne m'attarde pas sur le sujet, parce qu'en plus de leur friser le minou, ça frise le ridicule.
Et pourquoi veulent-ils être président, ces vers qui bouffent le fruit? Pour changer les choses. Ah! La noble tâche que voilà... Ils veulent tous changer les choses! A grands coups de réformes, de tolérance zéro, de marseillaise, de démagogie, de phrases toutes faites et d'infantilisme de masse.
Bref, tout le monde veut être président. Tout le monde. Entendons-nous: "Moi, je serais Voltaire, ou rien!"? Qui veut être Jean d'Ormesson? Hubert Reeves? Personne. Non, le truc à la mode, c'est Président. Ca ne rend pas plus intelligent, ça ne rend pas plus éclairé, mais ça vous file une érection à faire rougir de honte la Tour Effeil.
Voilà. C'est de l'ambition mal placée, des efforts stériles, de l'énergie inutile, de la nuisance étatique. Alors, mesdames les candidates, messieurs les candidats, remballez vos espoirs de conquête vérolée, ça fait désordre.
mardi, 27 janvier 2009
Le chat et l'hippopotame
Quelle inconscience! C'est ridicule d'avoir une telle négligence de la petitesse de sa personne. Mais, au fond, c'est Beau.
Chaque nuit, quand je souffle la bougie sur la table, que je rabats la couverture sur ma fatigue, et que j'éteins, enfin, la dernière lampe, le chat me rejoint. Il descend de sa chaise, rythme son court trot d'un pas joyeux et saute sur le lit. Après quelques tours, qui n'ont d'autre dessein que de s'assurer que je dors bien sur la tranche, il trouve un replis large dans la couette et s'y engouffre. Son pellage hirsute, ses moustaches blanches, chatouillent mon dos et mes reins. Puis, après avoir malaxé sans excès le matelas, il se love contre moi.
Quelle inconscience enfin! Je fais plusieurs fois son poids. Il suffirait que, d'un rêve mouvementé, je me retourne et je l'écrase sous une fesse; sans me réveiller, dans un bougonnement, amorphe et complaisant de sommeil innocent.
Pour mon Bonheur, et sans hasard, Dieu a fort bien fait ces choses. Cette petite boule de poils, ronronnant à l'occasion comme une boîte à rythme, éprouve envers moi la confiance d'un amour aveugle, inconditionnel et immesuré. Ma conscience s'apaise alors, et mon inconscient goûte la douceur d'une quiétude spectatrice.
Je revois, dans les images brumeuses du passé, ces sphinx énormes veillant sur les corps chétifs des Pharaons au repos; et mes yeux, bientôt, vont se clore de Bonheur quand je sentirais ce fragile félin soupirer d'aise contre mon ventre chaud.
mercredi, 21 janvier 2009
Courrier de Cochinchine.
"Bonjour julien.
Un petit mail en passant pour voir comment tu vas.
Tu m'as donné matière à réflexion depuis notre dernier skype: Neron, partir, tristesse et bien d'autres choses que je n'aborderai pas car elles découlent d'autres rencontres aussi et ne sont pas liées directement à notre coup de fil, sans fil au demeurant.
Je crois que comme pour Tibère mais dans une moindre proportion il consiste à une intérrogation sur la nature du pouvoir et sa capacité de destruction sur certains hommes. Tibère ne voulait pas devenir empereur et les sacrifices auxquels il a du consentir pour respecter les voeux d'Auguste l'ont sérieusement déteriorés. Néron, adulé à ses débuts par tous, voit le sénat se retourner après ses excès mais la plèbe lui rester fidèle; personalité complexe, diabolisée par l'histoire. Il se croyait artiste et, en quelque sorte, une mère éprise par le pouvoir, une trop grande jeunesse et trop de crimes autour de lui l'ont poussé à devenir un criminel. Il y a aussi un coté Oedipe que j'aime bien chez lui; tragédie à la grecque, "ceux qui t'acclament aujourd'hui te maudiront demain".
Bref un essais de réflexion sur cette attirance pour un personnage historique qui, je trouve, se prête très bien à la composition. Attirance qui est loin d'être une fascination ou encore de l'admiration: je ne cherche pas à réhabiliter Néron, mais je ne veux pas non plus le diaboliser.
Sur la notion de partir, je te laisse une petite phrase que j'ai reçue et qui vaut ce que l'on veut bien lui donner:" L'essentiel en ce monde n'est pas l'endroit où l'on est mais la direction dans laquelle nous marchons" Olivier Wendell Holmes. Je crois, comme je l'ai écrit à quelqu'un d'autre, à l'extraordinaire du quotidien. Les choses exceptionnelles que nous croyons tous pouvoir accomplir un jour n'existent en réalité pas. Elles ne sont que des fictions, restent de rêves chevaleresques. En fait, elles sont inéxorablement rattrapées par le quotidien et la banalité des petites choses, ce qui fait qu'il faut savoir admirer ce qui est fait et se dire que c'est déjà exceptionnel de pouvoir jouir de la vie comme nous le faisons chaque jour; que ce que nous faisons, nous seuls en sommes capables et que tout autre le ferait de par sa nature (autre) de manière radicalement différente. Aujourd'hui, tu te dis que tu es là sans bouger, à Lille, et pourtant il est, je trouve, exceptionnel de pouvoir comme toi cultiver un talent, de travailler en profondeur un sujet... Il faut apprendre à regarder son quotidien de manière à voir la route que l'on a pris. Bien sûr, la route peut passer par un étranger et c'est tout bonnement génial mais elle peut aussi être à domicile.
Enfin, non, pas la tristesse mais le manque et le deuil. Ta prière ne doit pas être l'occasion de voir tes manques mais bien l'occasion de confier Florence au Christ et ce en toute confiance. Si tu ressens une faute, je peux te conseiller de rencontrer un prêtre juste pour en discuter mais n'oublie pas notre nature humaine est perfectible donc pas parfaite. Tu as aidé Florence dans un moment où elle avait besoin de toi, tu ne l'a pas laché dans son besoin et ça c'est quelque chose de très fort.
J'espère que tout va bien et je te dis à très bientot sur skype ou par mail.
Romain D."
mardi, 20 janvier 2009
J'écris
"Les images choisies par le souvenir sont aussi arbitraires, aussi étroites, aussi insaisissables, que celle que l'imagination avait formées et la réalité détruites."
Marcel Proust
lundi, 19 janvier 2009
Tant de belles choses.
Parce que, quatre ans après, c'est toujours aussi dur. C'est toujours aussi triste. La Solitude. Et c'est tentant, aussi.
Parce que je ne veux pas l'oublier:
http://terredelune.hautetfort.com/archive/2006/01/15/l-ab...
dimanche, 18 janvier 2009
Les monologues de l'Amant
Moi seul connaissait le son de sa voix. Aussi curieux que cela puisse paraître, il parlait en dormant. Le jour, depuis plusieurs années maintenant, aucun son n'était jamais sorti de sa bouche. La nuit, dans son sommeil innocent, il m'abreuvait de monologues saisissants, troublants et merveilleux, où les recoins de sa mémoire et de ses réflexions s'alliaient aux subtilités de notre langue. J'étais enchanté, tout dévoué à cette harmonie lyrique; je me laissais raconter des rêves et des envies sans éprouver la moindre honte. Au contraire, je me sentais l'improbable prophète d'une révélation unique. Mienne. Mais je n'en dis mot. Au final, plus que lui encore, je me taisais.
mercredi, 07 janvier 2009
Pour Dieu et le Royaume!
Mon père est un truand armé de bons sentiments.
Il hésite entre le jovial et le bourru. Il est le Roi de France, le Général glorieux et conquérant, le colosse de Rhodes. Et ses pieds, évidement, sont d'argile. Une fourchette en guise de sceptre, ce chef de meute là règne sur une petite planète et navigue à vue. C'est comme ça. Il vieillit, tout en restant le petit con qui donne la couleur aux vieilles photos.
Que Dieu ait placé dans ses mains l'enfant que je resterais est un signe de son Amour. Dieu le père, et le père, dieu, aiment leur Création. Et quand j'avance seul, où Dieu me perd, mon père me porte. Et quand le sable devient trop chaud, ou quand la nuit, il fait trop froid; quand le moral, enfin, vacille, je me réfugie dans ses bras d'Hercule tranquille; de vieux Lion qui refuse de rendre sa couronne. Viens-y donc, pauvre fou.
L'Humour fait l'éternelle jeunesse; et la Sagesse nous éclaire. La vieillesse, elle, commence avec la Gravité. Alors je saurais lui conseiller d'être ni trop grave, ni pas assez sage; sans jamais oser lui révéler "qu'entre courir et voler, il n'y a qu'un pas, Papa".
lundi, 01 décembre 2008
Fantômes du Soir
"Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi,"
Barbara
dimanche, 27 juillet 2008
Dans les dents.
"Nous fabriquons nous-mêmes nos mystères. La vie est beaucoup moins compliquée que l'on ne croît, et elle dénoue elle-même ce qui nous paraît enchevêtré."
Michel Leblanc
vendredi, 25 juillet 2008
Petite chronique (ridicule mais réfléchie) de la vie de Concierge; JOUR III
Je tire, finalement, une certaine satisfaction à me considérer le gardien de ces foyers cotonneux et douillets. Je règne en maître sur la cour où je viens de repousser avec panache une ligue de poussières, feuilles sèches, et plumes de pigeons. Seul, armé d'un balai-brosse, j'ai sué sang et haut dans cette lutte acharnée contre les résidus de saleté qui se sont incrustés (ah, les bandits!) dans le labyrinthe de rainures. Mieux encore, la réception et le tri du courrier font de moi l'improbable Hermès d'un Olympe Haussmannien.
Il faut dire que des concierges célèbres, il y en a eu. Pour ne pas offenser son employeur, citons en premier lieu Saint Pierre lui même; L'Homme aux Clefs de Dieu, le Passe-Partout du Paradis. Et il en est fier, lui aussi. Ne se présente-t-il pas à nous, à travers les âges et sur les fresques, munis de son trousseau personnel, qu'il tient fermement, comme un gosse à qui on aurait proposé de recoudre l'oeil déchiré de sa peluche? Plus vieux encore, je pense à Hadès, barbu morose, frère de Zeus, psychodepressif, et concierge du monde des défunts. Nous avons peu de représentations d'Hadès, à qui on assimilera plus tard, le tout aussi truculent Pluton. Notons que ce nom fut donné à un caillou, là bas, tout au bout du système solaire. C'est dire l'estime que la société porte à ce métier. Quand même.
Demain, à l'instar de Jeanne d'Arc repoussant les Anglais, je refoulerai la poussière des marches vers les sombres abysses de la poubelle.
jeudi, 24 juillet 2008
Petite chronique (ridicule mais réfléchie) de la vie de Concierge; JOUR II
J'écrase ma cigarette dans le cendrier, à l'abri de tous les regards que laisse filtrer la fenêtre de la porte. Nous, tabacophiles, déjà en passe de nous retrouver logés à la même enseigne que les drogués, alcooliques, et autres dépendants notoires et si nocifs à l'ordre public, je ne voudrais pas en plus provoquer l'attirement sur mon humble petite personne des foudres de ces aimables habitants. Déjà, dans les semaines passées, m'a-t-on fait la remarque dans ces murs que je n'étais pas en droit d'abord de fumer, ensuite de stationner sur cette marche, enfin d'être un jeune qui attend. Je n'ai alors pas osé relever que toute personne normalement éduquée peut se présenter agréablement avec un bonjour, constater de toute sa capacité intellectuelle que je n'avais aucune cigarette dans la main, et qu'enfin j'attendais la concierge elle même. Non. J'ai fermé ma grande gueule, offrant (je m'en mords encore les moignons) à ce monsieur Vieux-guindé-au-possible, tout le loisir d'exprimer sur moi sa domination de bourgeois senior et autoritaire.
Je me reproche avec force de ne pas avoir saisi la main tendue de cet homme. Le revoir ainsi dans sa détresse me fend le coeur de là à ici (voir Figure 1). Lui, corrompu jusqu'à l'os par le vieillissement de l'esprit, incapable désormais de raisonner et d'éprouver de l'amabilité pour une génération plus jeune. On m'a tout de même dit qu'ensuite, lorsque je suis rentré retrouver mon chat, il est venu s'excuser en ayant apprit que j'étais le remplaçant de la concierge pour cet été, et qu'il m'avait pris pour un des ces jeunes qui trainent dehors, devant l'immeuble. Ces jeunes là qui fument, qui boivent, qui se droguent, qui nuisent à l'ordre public et qui en plus ne sont même pas chrétiens (les salauds). Donc j'ai raison.
Moi, l'hypocrisie, ça me tue. Tiens, en parlant de ça, je vais m'en griller une.
mercredi, 23 juillet 2008
Petite chronique (ridicule mais réfléchie) de la vie de Concierge; JOUR I
Ce qui frappe d'emblée dans mes nouvelles heures de concierge, ce n'est pas tant l'attente de l'heure du déjeuner, ni l'empathie pour la rentrée des poubelles dans la cour, que la façon dont on me perçoit déjà. Ici, peu de personnes me connaissent tant physiquement que mentalement. Je suis un citoyen lambda, venu remplacer la concierge de leur immeuble. A eux. Le leur. L'indétronable immeuble, centre, très certainement, du dynamisme géopolitique mondial et donc soumis à des règles strictes de protocole auxquelles, hélas, je n'ai pu échapper.
Ici, point d'études universitaires, point de savoir, point d'engouement pour la culture en ce qui me concerne. Je suis concierge et je dois, semble-t-il, me comporter comme tel. Bien que je me sois doté, dès la naissance, d'une estime de moi très profonde, il me suffit de croiser le regard des habitants de l'immeuble pour comprendre qu'ils évaluent mon quotient intellectuel à celui d'un gallinacé quelconque. Je suis ici pour remplir un rôle d'entretien des locaux, rôle dont Dieu semble les en préserver. Constatons aussi que le Seigneur préserve, dans son cynisme, ces Fidèles de chez Fidèles de s'affranchir de tout jugement.
Rassurez vous, je trouve mon réconfort dans un café bien noir, aux arômes suaves, et dans la lecture assidue des oeuvres de l'Empereur Julien, auguste et éphémère concierge de l'Empire Romain, en 360 de notre ère... ou dans ces eaux là.
lundi, 14 avril 2008
Le Temps du Chocolat
mercredi, 09 avril 2008
L'arbre de Printemps
Le Vent soufflait froid et sec sur cette partie de la plaine, cette orée de forêt.
Sélène s'appuya contre le tronc, fermant les yeux à la brise. Il passa une main sur son visage, délogeant les quelques flocons qui s'y étaient déposés. Il était dans ce moment fragile où l'on ne sait si l'on doit reprendre son chemin et passer les histoires, ou attendre. Attendre que l'histoire, son histoire, vienne à lui et qu'elle le prenne, comme avant, comme après. Cet instant où l'on se demande s'il faudrait replacer ses pas sur le sentier, ou se laisser glisser contre le tronc, pour s'asseoir, et attendre. Regarder l'horizon. Imaginer le Soleil rougeoyer dans le matin, avec nul autre que soi-même pour témoin. Et puis voir darder les premiers rayons. Se redresser un peu, oreilles bourdonnantes d'un coeur qui joue une musique tonitruante. Et dans un élan de majesté, admirer la coupole dorée apparaître sur la ligne de terre, cheval galopant vers les cieux éclairé, guerrier rayonnant vers la voûte bleutée.
Puis se rasseoir, regarder la course passer. Et sourire aux heures qui descendent dans le corps endormi, l'esprit assoupi.
Le Vent avait cessé de souffler sur cette partie de la plaine, cette orée de forêt.
L'arbre aspirait doucement l'esprit du pâle jeune homme qui s'était appuyé contre lui. Il le lovait dans une chaleur parfumée, dans ses souvenirs sans fruits et sans Soleil, qui s'étiraient au loin, comme un nuage voguant sur l'azur. Puis resurgissant soudain, ils dansaient sous un rayon d'Hiver, pleurant sous un rayon de Lune; agités comme la mer, troubles comme la brume. Un arbre d'une seule saison, un arbre qui ne veut pas mourir; un arbre qui n'en finit pas de compter les souvenirs. A travers les valses rengainantes des visions du monde, Sélène comprit une vie, une seule, et ce fut bien assez. Il comprit et fut troublé. Usé, fatigué. Comme un acteur qui sort de scène. Effrayé par les vivants. Meurtri et admiratif. il se sentait parfum, s'évaporant peu à peu dans l'inconsistance. Abstrait.
Il voulu se lâcher la main.
On le rattrapa.
Tout lui revint soudainement.
Il s'était laissé prendre par un esprit du passé. un esprit des larmes et du regret. Un chemin. Un de ces chemins qui nous mène à nous. Il était lui. Et si seulement il était lui. Si seulement il avait pu être lui dès le début, et finir lui. Sans rien d'autre, dans tout la pureté de l'existence, vide de ces parasites affreux qui empoisonnent et consomment quand il cherche à tracer, dans les flots perdus, le sillon turgescent de sa spiritualité.
lundi, 31 mars 2008
Un Bourgeon sur l'Orchidée
Sélène se réveille plus embrumé que les rues. L'arôme du café, fort et suave, ne dissipe pas les vapeurs du sommeil, et des rêves sans queue ni tête.
Comme lui, le Soleil fainéante dans le velours gris des nuages. Et le chat baille, histoire que tout le monde s'y mette.
La ville remue pourtant. Le monde tourne et continue de tourner, imperturbable et ignorant des tourments mélancoliques qui assaillent les coeurs.
Une cigarette avant la douche. La première. Celle qui dessine des papillons avec les cendres. Celle qui fait des arabesques dans la fumée. Celle qui écoute tout ce qui nous passe par la tête dans une respectueuse attitude spectatrice.
Et puis c'est l'eau chaude, bienfaisante. Les lambeaux du sommeil et des rêves ridicules se décollent avec légèreté pour s'insinuer dans un néant sans intérêt. L'eau chaude. Et le parfum du Lotus.
Pourtant, la mélancolie s'accroche, s'enroule comme un cocon délicat et confortable dans lequel il est si facile de s'étaler, quand la douleur et les larmes crèvent le Printemps.
La serviette autour de la taille, Sélène goûte des morceaux, choisis, de musique pour la circonstance. Et alors qu'il s'emporte dans les notes et les mots, dans une poésie mélancolique, dans un cri du coeur empli de hargne, dans un désespoir sans nom; à ce moment là, ses yeux se posent, il cesse de bouger.
L'Espoir revient, le Soleil et le parfum avec: il y a un nouveau Bourgeon sur l'Orchidée.
dimanche, 30 mars 2008
Raphaël
Des boucles noires et chaudes qui s'étalent sur l'oreiller. Les soupirs du sommeil, et la lumière du matin qui le caresse. Inextricable des bras de Morphée. Sauf peut être pour aller nager dans le café. Liquide noir et suave. Son eau fraîche.
Les yeux bleu-cristal. Ou bleu-ciel. Bleu. Il est dur de voir derrière cette couleur d'amour que le petit coeur bat dans le chagrin et la solitude. L'Incertitude, le poison du doute, l'espoir fragile. Il n'aime pas l'indélicatesse des instants préparés. Encore moins les fleurs qui fanent.
Fin et solide, il fend la foule dans la rue, sans croiser le regard des gens. Un peu de vent dans les ruelles, un petit baiser sur les lèvres, et un peu de sucre, s'il vous plaît.
La force de ses reins est le plus magnifique spectacle que l'on ressente; une transcendance angélique, rouge et noire, sulfureuse, étincelante, rouge et noire. Rouge. C'est un Soleil dans ses baisers. Un Soleil dans mes nuits. Un Soleil chéri.
Et je prends bien la lumière.
Il fume, il fume, il fume. Si Beau, si Beau. Et la fumée bleue danse avec ses boucles. Raphaël tout en musique.
Mon Homme.
jeudi, 24 janvier 2008
Message Personnel
mercredi, 19 décembre 2007
La mère, qu'on voit danser...
Sélène a eu sa mère au téléphone, elle lui a dit: "J'ai vu un jeune garçon au magasin, c'était ton genre craché; j'ai voulu aller vers lui et lui dire combien tu me manques."
Ils se sont embrassés et ils ont raccroché. Ca donne les larmes aux yeux mais le lait réconforte.
Mère universelle, mère primordiale, la lumière dans le chaos, l'Isis aimante, la révolte des Ecossais, le parfum d'un soir où l'on apprend à danser, des mains qui vieillissent. Dans les cheveux de son enfant. Quel qu'il soit, quoiqu'il fasse; elle l'aime. Sélène n'est pas l'homme viril et fort, et plein de volonté qu'elle aurait voulu. Sélène aime les mâles, il est faible et indécis. Mais elle en est orgeuilleusement fière. Comme une reine d'Angleterre. C'est son fils. Le seul de toute la Terre. Celui qui porte en son coeur plus d'amour et de passion que Dieu. Plus de poésie et de beauté; et le son clair d'une lyre.
Qu'ils se ressemblent!
Elle ne l'écoute jamais quand il lui parle de ses sentiments. Elle lui répond des choses assez communes. Ce que d'aucuns diraient pour finir la conversation. Elle lui a dit qu'on était jamais heureux, mais qu'on composait; avec un peu de tout, avec un peu de rien. Jane dit: "On se souvient de Rien et puisqu'on oublie Tout, rien c'est bien mieux, Rien c'est bien mieux que Tout."
Maman est un joli mot. L'entendre fait du bien. Le penser réconforte. Sélène se sert un verre de lait, doux. Il pense à elle, qui lui offre l'espérance.
La Femme de sa Vie.
mardi, 18 décembre 2007
Les Grands Mots
De mes amis, il en est un qui est écureuil opulent; un autre serait un chien aux instincts de bête. D'autres encore sont coq modeste ou hibou pittoresque.
Moi, je suis éléphant.
Nous partageons peines, passions et rires. Et de chacun je trouve mille choses à dire.
Mais à mes amis, je préfère mon amour qui est comme l'eau claire, sans plus de discours.
mercredi, 12 décembre 2007
Quand les derniers refuges ont disparu.
A un moment du chemin, alors que les arbres hésitent à faire tomber leurs dernières feuilles qui vivotent, ou à galvaniser les couleurs de nouvelles fleurs, Sélène s'arrête. Il n'est plus sûr de rien. Dans l'air, il ne flotte aucun parfum. Ni lotus, ni jasmin. Son long manteau d'Hiver ne joue pas avec le vent. Sa peau n'a pas de reflets bleutés. Ses yeux polaires ne parviennent pas à pleurer. Il n'y a rien qui monte, rien qui ne ressort. Ni émotion, ni sentiment, ni excitation. Il n'a pas d'érection le soir. Il n'a pas d'espoir le matin.
Son esprit est lourd, comme la couronne.
Il y a trop de bruit. Rien de vraiment vivant. Un chahut si peu harmonieux. Que ne donnerait-on pas pour entendre un coeur chaud qui bat? Pour se sentir rassuré, enlacé et embrassé. Il n'y aura pas d'Amour, il n'y aura pas de passion et il n'y aura pas d'espoir. Parce que l'envie est absente. Quand les derniers refuges ont disparu.
L'esprit est lourd, comme le cadavre d'autrui.
" L'enfer, s'il vous plait ?
- Là-bas, avec les Autres."
lundi, 12 novembre 2007
Les Invasion Barbares
Pendant le repas...
Pierre : " Contrairement à ce que les gens croient, l'intelligence n'est pas une qualité individuelle. C'est un phénomène collectif national intermittent.
Louise : - Tiens, une nouvelle théorie...
Pierre : - Absolument. Athènes, -413, la première Electre d'Euripide. Dans les gradins: ses deux rivaux Sophocle et Aristophane; et ses deux amis: Socrate et Platon. L'intelligence était là.
Alessandro : - J'ai mieux. Firenze, 1504, Palazio Veccio, deux murs opposés, deux peintres. A ma droite, Léonardo da Vinci, à gauche, Michel Angelo; un apprenti, Rafaëlo; un manager, Nicolo Machiaveli. Forza Italia!
Pierre : - Philadelphie, USA, 1776-1787, Déclaration d'Indépendance et Constitution des Etats-Unis.
Rémi : - When, in the cours of humans events, ...
Pierre : - Adams, Franklin, Jefferson, Whashington, Hamilton, Madisson.
Rémi : - Moi je suis né à Chicoutimi, Canada, en 1950.
Diane : - C'est un miracle que tu ne sois pas plus con que tu ne l'es déjà.
Pierre : - En 1950, tout le monde était con à Athènes comme à Chicoutimi.
Alessandro : - Si tu étais né chez nous, tu aurais soutenu les chemises rouges, ç'aurait été brio.
Claude : - Et maintenant, il aurait Berlusconi.
Dominique : - Et à Philadelphie, il aurait voté pour Georges Bush.
Diane : - Ben tu vois, t'es pas si con que ça.
Pierre : - L'intelligence a disparu. Et je ne voudrais pas être pessimiste, mais il y a des fois où elle s'absente longtemps.
Alessandro : - De la mort de tacite à la naissance de Dante, il y a quoi, onze siècles?
Claude : - Oui, mais elle était partie chez les arabes..."
